Carl' Corner
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Juste, Godefoy, Alexis, Ford, Lie, Danticat, Diaz, Spanish, Carl's reflexions in creole

MARDI 30 NOVEMBRE 2004

Bonjour Miami, ses alentours et les “internôtres” qui écoutent à travers le monde. CHAQUE JOUR EST À LUI SEUL UNE VIE. Dieu, le travail et la liberté. Et bonjour, bonjour la vie, bonjour l’amour, pourquoi pas? Moi’j vais bien et’j m’habitue.

LES MOTS DU JOUR

" Quand les ailes poussent à la fourmi, c'est pour sa perte." Origine arabe ou persane

"Ce n'est pas la force, mais la persévérance, qui fait les grandes oeuvres." Samuel Johnson

PLUS NE SUIS CE QUE J’AI ÉTÉ
(Clément Marot 1496-1544)

Plus ne suis ce que j’ai été.

Et plus ne saurais jamais l’être.

Mon beau printemps et mon été

Ont fait le saut par la fenêtre.

Amour, tu as été mon maître.

Je t’ai servi sur tous les Dieux

Ah si je pouvais deux fois naître.

Comme je te servirais mieux!

DE MYRIAM NADER

Bonsoir Don Carlito,

J'ai lu avec plaisir ton courriel de hier matin comme d'habitude. Il faut dire qu'avec ta citation du Lac de Lamartine et ton “amour pour l'amour” je me sens dans mes années d'adolescence.

Samedi dernier, j'ai rencontré le cinéaste Mario Delatour et Rachel Denis en présence de Ranley et Carine Désir à la Galerie. Nous sommes tous entichés par son projet-documentaire sur l'immigration des Arabes en Haiti que nous trouvons assez éducatif et intéressant pour l'Histoire.

Comme tu l'as annoncé, nous aurons une collection de fonds à la Galerie vendredi prochain. Encore une fois Don Carlito, nous aurons la chance de découvrir ton talent d'acteur à travers ce documentaire.

Myriam

GALERIE D'ART NADER
FINE ART & CUSTOM FRAMING
Where Art Is Simply Enchanting
1911 Ponce de Leon Blvd
Coral Gables, Fl 33134
Tel:305-444-1740 Fax: 305-444-1734
Appointments:305-409-7059
www.galeriedartnader.com
Email: galeriedartnader@aol.com

Chère Myriam,

Il n’y a pas comme les années d’adolescence et qui sait (?), dans mon subconscient, j’aspire peut-être à y retourner avec le Lac de Lamartine. Vivons jeunes, vivons longtemps!

Je serai curieux de découvrir dans ce nouveau documentaire ce “je ne sais quoi” qui m’intérèsse dans le cinéma.

Carl

DE VITER JUSTE

Mon cher Carl,

J'ai bien recu ton émission d’hier et je m'en réjouis. À sa lecture j'ai vite compris pourquoi mon ami Fombrun avait relaché (pas largue) ses amarres avec certains de ses amis.

Mes meilleurs salutations à ton filleul Carl Fombrun. Je prends plaisir à la coincidence et j'ai failli ajouter: fils. Mais depuis fort longtemps j'ai cessé d'être taquin.

Quand aux autres trouvailles mes compliments. Je suis heureux que tu uses ta chandelle au maximum pour t'éclairer alors qu'il est encore temps. Je vais recommencer à t'envoyer mes e-mails.

À bientôt.

Viter.

Merci Viter. J’attends tes prochains messages . On me reproche de donner la préférence à certains courriels. Hélas! Je regrette, l’on ne comprend pas que c’est l’essence même du “coin” ces courriels, au risque d’être ennuyé ou ennuyeux, la nature a horreur du vide. Chacun son plaisir, c’est mon hygiène mentale, et vogue la galère!

À bientôt,

Carl

PAR CES TEMPS QUI COURENT, SUGGESTIONS DU “RELATIONISTE” CHRISTIAN GODEFOY (condensé par Carl)

Répandre de la chaleur humaine autour de soi...La chaleur humaine, la gentillesse ou la tendresse peuvent faire fondre murs et résistance, construire des ponts de confiance et créer de magnifiques paysages d'affection.

Il est si simple d'être chaleureux et gentil lorsqu'on est entouré de gens chaleureux et gentils...Lorsque vous exprimez votre chaleureuse affection, vous devenez un aimant qui attire, qui invite, qui sème la paix et l'espoir dans un monde souvent cruel.

Pensez-y: la première personne qui reçoit les fruits de votre chaleur personnelle, de votre gentillesse, c'est VOUS! Je vous invite aujourd'hui à exprimer votre chaleur humaine...L'âge n'a pas d'importance.

Mon cadeau:

Durant les prochaines 24 heures, je vous invite à semer chaleur humaine et gentillesse non seulement autour de vous, avec les personnes que vous connaissez, mais aussi avec n'importe quelle personne avec laquelle vous entrez en contact.

Je vous suggère de parler avec gentillesse, d'exprimer vos qualités de coeur, sans sarcasmes, sans critiques, sans la moindre trace de négativité. Dites seulement des choses qui aideront l'autre à se sentir mieux.

Si vous DEVEZ critiquer quelqu'un, faites-le comme si cette personne était un vieil oncle multi milliardaire qui vous a couché sur son testament.

Je vous suggère, en parlant, de garder un contact visuel constant,de sourire à la personne à qui vous parlez, même si celle-ci est là pour vous servir: le gardien, le serveur, le vendeur,l'employée de maison, la réceptionniste, etc.

Je vous invite à écouter avec calme et sérénité, en écoutant avec attention ce que l'autre dit, et en lui donnant de la valeur-- avec honnêteté .

Ne faites pas cela que pour les autres. Faites-le en premier lieu pour VOUS. Soyez chaleureux et gentil avec vous-même. Observez l'effet que cela a sur vous. Comment vous vous sentez, comment les autres réagissent.

Exprimez le meilleur de vous lorsque vous faites parler votre coeur. La peur d'être refusé, d'être ridiculisé ou incompris ne sont souvent que des fantasmes qui vous empêchent d'être vous-même.

Ne faites rien de tout cela pour recevoir quelque chose en retour. Goûtez le moment présent et les sensations que vous en retirerez.C'est une façon de semer plus de bien-être dans votre propre monde.

Pour les prochaines 24 heures choisissez des pensées et des émotions positives. Vous verrez la différence.

UNE LETTRE À HAITI, recu sur le ‘COIN DE CARL.’

Haïti, je me sens obliger de te faire cette lettre juste pour te dire que je t’aime et tout en profitant à te faire mes excuses pour avoir souillé ton image. Toi, la belle femme courageuse, la perle
des Antilles, la beauté paradisiaque, la reine de la liberté
des noirs. Aujourd’hui, on parle de toi et de tes fils comme si nous
sommes des sauvages incapables de se diriger et qui ont toujours besoin du fouet du commandeur pour nous guider.

Ca me rend vraiment triste ; car je sais que toi notre mère, tu nous as appris mieux que ça, par ton histoire, tes luttes datées de 1804 à 2004.Tu as survécu la machine esclavagiste, les griffes de l’impérialisme, les conflits internes, le duvaliérisme, le macoutisme, le haut état major de votre armée, la C. I .A et son FRAPH, les complots de la communauté internationale, les fausses promesses d’un prêtre libérateur et ses chimères.

Luttes après luttes, et rien n’a changé. Aujourd’hui, te voilà en
face d’une autre, celle qui va sans doute déterminer ton existence
d’état libre et indépendant ou d’état non existent ou sur tutelle.
Exactement après 200 ans d’indépendance sur papier, te voilà
en face de tes oppresseurs qui sont venu rétablir la version modernisée de l’esclavage et contrôler vos ressources avec l’aide d’une nouvelle couche d’esclaves de maison : Gérard LATORTUE et Co.

Je sais que tes fils aînés : Toussaint, Dessalines, Christophe et
Pétion sont en train de pleurer de colère là où ils sont. On n’arrive
pas à mettre en application notre devise « l’union fait la force ».On
ne devrait pas aboutir jusque là en plein 2004, on pourrait trouver une solution sans l’ingérence des marines américaines et surtout des soldats français.

Nous sommes tous des Haïtiens: Duvaliéristes,Aristidistes,Lavalassiens, Chimères, Rebelles, Candidats à vie, Bourgeoisie et le Peuple, il faut reconnaître que la cause à défendre est commune à tous ; Haïti chérie, tu dois survivre. Tes fils ont toujours tendance à répéter les mêmes erreurs, on chasse et ensuite on est chassé et cela recommence après le départ de chaque président.

Tes fils pourraient saisir le jour de ton anniversaire pour te revêtir
d’une nouvelle robe propre et sans tâche à l’occasion de tes 200 ans, mais ils ont choisi de te salir encore plus et aujourd’hui, tu
n’es plus la dame fière et belle mais plutôt une pariasse qui fait la
honte de la caraïbe et des noirs de partout, une autre exemple de
l’incapacité des noirs d’avoir un succès collectif.

C’est attristant d’attribuer ces mauvaises qualifications à toi, mais hélas ! C’est à cela que nous t’avons réduit. Pour te retirer de ce
labyrinthe, il va falloir retourner à la source et puiser les normes et
principes qui ont conduit tes fils aînés à la victoire face à l’armée
napoléonienne ; sans doute les conjonctures ont changé, mais cette formule universelle « l’union fait la force » est valable et
conjoncturelle. Unissons nous et Haïti vivra !

Jean S. Alexis / DIASPO-CAYEN ©

ET LA RONDE CONTINUE :
POUR UNE RADICALISATION DU DU DISCOURS.

Par Marie Carmel Paul-Austin, Ph.D.

Rester en dehors du débat, ne pas verser dans la cacophonie ; pire ne pas verser dans la bêtise et la médiocrité. Comment faire ? Comment rester intègre, honnête et subir à la fois tout cela ? Ce n’est pas facile, je l’avoue. Il est peut-être bon, que dis-je, nécessaire, obligatoire même de tenter d’arrêter cette coulée verbale et rappeler certaines vérités qui sautent aux yeux. De telles vérités qui justement, à cause de cette cacophonie entretenue par une certaine presse paresseuse, se trouvent occultées, noyées ou voilées. Tout le monde parle de tout pour ne rien dire, finalement.

Tout est traité en surface, à force de slogans, de phrases toutes faites et construites pour la circonstance. Le même refrain est repris partout et ça repart d’une station de radio à l’autre, par la voix d’un « expert » ou d’ un « sage », d’un leader politique ou un membre influent de la « société civile », d’un représentant d’organisation internationale ou de pays, etc… L’opinion publique ni la jeunesse ne sont pas plus éclairées ou édifiées par la banalité, la complaisance, l’insipidité récurrentes des propos tenus.

En écoutant religieusement tout ce qui se dit et se répète sur les ondes, on finit par admettre que ce pays a un problème réel, un problème grave, parce que tout le monde en parle, même si personne ne sait de quoi il s’agit véritablement. Le micro une fois coupé, la vie reprend ses droits ; on ignore tout le reste, ou on feint d’ignorer, car notre vie personnelle n’est nullement perturbée -quoi qu’on dise- la ville étant divisée en deux. Nos écoles fonctionnent, et avec elles, nos supermarchés de ravitaillement, nos stations d’essence, nos banques, partout là où nous sommes et plus près de nous. Pour les loisirs, il y a nos clubs, nos cercles, nos satellites, nos voyages. Et ça repart à la prochaine intervention radiophonique !

Dans ce pays, rien n’est de masse. Aucun sport, aucun loisir, pas de parcs ou de places publiques dignes de ce nom, sur tout le territoire, car il s’agit bien de 27,500 km². Il n’existe pas de bibliothèques publiques, dignes de ce vocable non plus, sur tout le territoire national. Les espaces sociaux aussi bien privés que publics, tels que les écoles, les stades ne répondent nullement aux normes. Port-au-Prince, l’enclave républicaine, s’est enclavée elle aussi, elle s’est repliée sur elle-même et ne semble exister que dans un quadrilatère exigu, s’arrêtant au dos de l’empereur. A la face de celui-ci, c’est l’autre monde !

Citadins et suburbains, tous nous nous accommodons des quelques artères qui nous restent : les avenues John Brown, Panaméricaine, Martin Luther King, l’autoroute de Delmas, et comme des rats, dès l’aube, nous surgissons de tous les couloirs et corridors de cette ville-bidon pour assurer notre reproduction et celle de nos progénitures. Haiti 2004 ! pardon, Port-au-Prince 2004 !

Ces observations, d’ordre subjectif étant faites, il y a lieu de situer notre propos, notre réflexion sur des considérations d’ordre plutôt objectif et ne pas se perdre justement comme ces nombreux et multiples « plaignards » qui remplissent nos ondes. Comme nous le disions plus haut, c’est à dessein que nous tenions à garder le silence, car il n’y a rien à dire. Tout est apparemment dit, clamé, affirmé. Cependant trop, c’est trop !

C’est comme ce militant abattu trois fois : par les balles, par le couteau, par le feu ! La surenchère a trop duré. L’excès en tout nuit. D’un côté, l’exacerbation de la violence, de l’autre, la diarrhée verbale. Comme si, cette guerre des ondes, entretenue pour nous détourner des véritables enjeux, allait arrêter cette violence aveugle, obvier à l’inertie des pouvoirs publics. Tout se débat et trouve sa solution ou sa « proposition constructive ».

Mais le travail n’a lieu sûrement pas dans les cabinets de ministres, pas dans les unités techniques des directions générales, pas dans les cellules techniques des directions des ministères, pas au service du contentieux du tribunal administratif de l’Etat, pas à la direction générale du budget, de celle des douanes, des ports et aéroports, de la police nationale, de la police judiciaire, encore moins au cabinet de la présidence et/ou celui du premier ministre. Qui est responsable dans cette ville-pays ? C’est plutôt, à qui donnera t-on la parole ? Qui aura le dernier le mot !

Dans cette actualité apparemment abondante de faits et de « zins », deux éléments d’importance retiennent notre attention et nous interpellent dans notre silence : c’est l’émergence de la question (rampante) de couleur dans le débat et l’exacerbation de la violence. Notre analyse nous conduit à penser que les deux questions sont liées. Nous allons essayer d’en établir les relations ou interconnections.

D’abord, la question de couleur ? Dire que c’est un faux débat, rejeter d’un revers de main toute analyse de la question est de l’hypocrisie pure et simple. Mieux, c’est de la tromperie, car cette controverse existe et persiste, et réapparaît trop souvent dans notre histoire de peuple. Pour bien la cerner, il faut sans complaisance ni hypocrisie l’aborder dans ses fondements théoriques et non l’esquiver.

Nous vivons dans une société capitaliste (même rachitique, elle en remplit toutes les conditions). Sa « marque de fabrique », sa caractéristique, comme il convient de souligner est bien celle d’une société de classe(s). Je profite pour souligner, au passage, que la chute du mur de Berlin, la « mort des idéologies », la fin de la lutte des classes, n’ont point gommé les structures de classe dans nos sociétés capitalistes.

Malgré l’émergence d’un monde de plus en plus unipolaire, les structures de classes ne se sont point effacées. Nous y reviendrons. Une société capitaliste donc, une société de classe(s), une société qui est basée sur des inégalités. Les libéraux, nombre de progressistes parmi eux, tendent à présenter une vue idéale, voire idyllique de l’Etat, s’appuyant sur le rôle de celui-ci à garantir les droits de tous et de chacun, à garantir les libertés civiles et l’égalité devant la loi. Ils nous laissent voir l’arbre qui cache la forêt.

En effet, la classe « en-soi » se manifeste par un ensemble étroitement lié et relié d’inégalités d’ordre économique, d’opportunités et de pouvoir. Plus ces inégalités sont intimement liées, plus les divisions de classe s’accentuent et les conditions de vie qui en résultent deviennent manifestes des conditions de classe. On naît et meurt dans sa classe, l’exception confirmant la règle, comme on naît et meurt femme ou noir !

Ainsi les structures de classe « en-soi » s’affirment et se consolident. Ceci, indépendamment du fait que les individus- victimes ou bénéficiaires de ces inégalités- agissent ou réagissent selon ou contre leur condition de classe. Les structures de classe et de pouvoir en Haïti sont semblables à celles d’autres sociétés capitalistes ; les divergences ou différences sont très minces à côté des caractères similaires ; ce qui tend à rapprocher notre pays plus qu’à l’éloigner de tout autre pays capitaliste.

En d’autres termes, si Haïti et les USA, par exemple, sont deux pays nettement distincts, par leur histoire, leur culture, leur niveau de développement où ils se retrouvent aux antipodes, ils partagent une « condition », dirions-nous, ils font partie du club des pays capitalistes. Malheureusement, nous le répétons, plus les inégalités entre les classes s’accentuent, plus les structures de classe (s) s’affirment. Haïti est un exemple de taille.

Si nous prenons ces inégalités : a) inégalités de condition et de sécurité (liées à la naissance, l’origine géographique, lieu d’habitation, etc…) ; b) inégalités de pouvoir (liées aux précédentes, liées au sexe, à la religion) ; c) inégalités d’opportunités (liées encore et aussi aux deux précédentes), leur interconnexion et leur interrelation ne nous enseignent rien sur les structures de classe, sur le fondement de l’inégalité elle-même, sinon que les clivages sont opérés par la position économique, la position de pouvoir associée à la chance (opportunité trouvée ou offerte) dans la vie. C’est plus visible. La conscience de classe, de statut social est une forme d’opérationnalisation de ces clivages sociaux.

La question de couleur, fort mal posée chez nous, rejoint celle liée ou se rapportant à la classe. Nous sommes tous familiers de la formule lapidaire de J.J. Acaau. Cette formule ne vient qu’illustrer cet état des choses : la classe possédante, privilégiée est d’une couleur ; la classe pauvre, démunie est d’une autre couleur. Si les clivages sociaux de classe sont clairement établis par la position économique, ceux liés à la couleur le sont moins.

Premièrement, pour les raisons explicites avancées par Acaau, deuxièmement, par les alliances de classe, ni plus ni moins opérées à travers l’histoire. Qui a dit que l’argent n’avait point de couleur ?! Pour rester dans notre argumentaire, nous disons donc : le monopole de la richesse dans ce pays a sa couleur, celle de la pauvreté, de l’ignorance , de l’indigence à la sienne. La formule d’Acaau ne nous invite pas à évacuer la question , mais plutôt, à en constater l’illustration.

Nous vivons dans une société capitaliste, une société de classe(s), une société construite sur des inégalités. C’est un syllogisme ! La logique, la vérité ne devraient déranger. Statistiquement parlant, qui occupe le haut du pavé dan cette ville-pays ? Que nos économistes nous répondent, encore qu’ils ne font pas de politique. Des privilèges énormes, monstrueux se trouvent concentrés entre les mains d’une infime minorité.

Cette minorité possède richesses, pouvoir, propriétés terriennes, biens culturels, banques, sécurité, latitude de choix, facilité de gestion et de manipulation de personnes et de choses autour d’eux, grâce à leurs avoirs. Ils ont le pouvoir, non pas parce qu’ils dirigent directement, mais parce qu’ils régulent les affaires et la cité avec, par les lois du profit et du marché (contrebande comprise), toujours en accord avec leurs intérêts. Ils se retrouvent donc bien placés pour transmettre de droit à leurs descendants, génération après génération tout ce patrimoine.

De l’autre côté de la barricade- excusez le terme- de la barrière, quel est le tableau. La majorité de la population dépend d’un salaire de misère et des lois du marché qui déterminent son accès ou non à la nourriture, à la santé, à l’éducation, au loisir, etc… Arrêtons-nous un moment. Qui a dit que tout le monde devait avoir les mêmes chances, devait avoir accès aux mêmes choses ? Le capitalisme offre une protection /réponse institutionnelle à cette inégalité.

Elle se nomme : réformes, état de droit, démocratie. Le problème devient de plus en plus compliqué et paradoxal. Car ces mêmes sociétés, capitalistes, -de classe- sont basées également sur des principes d’égalité devant la loi et ceux des libertés fondamentales.

D’un côté, le respect des droits fondamentaux, pour tous sans distinction de race, de sexe, de religion, de condition sociale, de l’autre, la négation des inégalités et des différences, universalité des droits du sujet, ce sont là les fondements irréfutables de la république !

Marx et Weber, ce dernier est loin d’être anti-capitaliste, ont reconnu tous deux les connections ombilicales entre la légalité rationnelle et le capitalisme. En effet, c’est la combinaison de l’égalité formelle et celle de l’inégalité économique extrême qui constitue le caractère distinctif de l’état libéral.

Donc, cela va sans dire que l’égalité formelle à la face de l’inégalité économique est répressive ; et traiter ceux qui sont inégaux (économiquement), de manière équitable (devant la loi) est faussement moral. J’oubliais, la justice, le droit ne s‘embarrassent pas de la morale ! Là où la légalité, l’état de droit est un principe, la violence collective crée un sentiment étrange de conflit grave et peut-être même une contradiction entre l’ordre et la légitimité.

Quel est notre souci véritable ? Faire le point. Eclairer. Ne pas nous voiler la face, ni boucher nos oreilles, encore moins fermer la bouche. Sommes-nous en train de rêver ? Comme disait l’autre, sommes-nous nostalgiques des années 60-68 ? Sûrement pas. Intégrité et honnêteté intellectuelles exigent, n’en déplaise à certains ; et force est de constater que nos problèmes de classe/couleur ne sont pas résolus par la démocratie ni l’état de droit dans le principe, voire dans la réalité. Ils sont peut-être devenus tabous. En parler, c’est déranger, offenser même. Alors que l’heure est à la mise en rang ou au rancart.

Passons à notre deuxième élément de préoccupation. D’entrée de jeu, Il nous plaît de préciser qu’il s’agit de la violence instituée dans les zones à risque, la violence rampante des quartiers pauvres, des ghettos. Nous n’irons pas jusqu’à légitimer le banditisme, le pillage et la délinquance, encore moins le crime. Ceci est important et utile à signaler.

Nous allons reprendre la même démarche rationnelle, syllogistique. Ceux qui pratiquent la violence, utilisent la seule et même méthode chaque jour pour se faire entendre. La seule et même méthode qu’ils connaissent, celle apprise sur les barricades, à savoir, gêner la vie, la vie économique surtout, bloquer la circulation des biens et des personnes, créer la psychose de peur pour se faire entendre.

En Haïti, il n’existe pas de culture parlementaire d’opposition ou de contre-pouvoir, pas de syndicats capables de lancer un mot d’ordre de grève sans menace pour les usagers de la voie publique, pas de partis politiques avec une masse critique de membres adhérents, inscrits, enregistrés, capables d’infléchir l’opinion, sans la surenchère des ondes. Seul la manière forte prévaut chez nous.

La dernière mesure prise par le Ministère de l’Economie et des Finances et la réponse des concernés qui s’en est suivie en est l’illustration. Celle des camionneurs de la Boule également ! C’est une manifestation en plus, de plus de cette société de classe(s). Une lutte latente, permanente entre les « have » et les « have-not », les nantis et les démunis, les frustrés et les comblés, ainsi de suite. La réponse ou le cri pour se faire entendre, c’est la violence. D’autres se voilant la face, nous répètent que ce peuple n’est pas violent, il est doux, il peine tous les jours humblement et dignement pour sa survie, c’est l’œuvre de dégénérés !

C’est aussi un peuple de braves, pour répéter l’autre ; et ces dégénérés sont les nôtres. Dans les deux exemples évoqués, les menaces ou avertissements étaient clairs, sans équivoque. Pourtant, nul « expert » ou « sage » n’a osé établir la relation, la ressemblance entre cette violence et celle aveugle et meurtrière des « chimè ». Alors qu’elles se manifestent ou tendent à se manifester de la même manière, dans les mêmes formes, utilisant les mêmes paramètres sociaux et économiques.

Ces jeunes qui, depuis le 30 septembre, sèment la terreur, sont donc des terroristes; il faut les traiter comme tels. J’en conviens. Traitons-les comme tels, éradiquons-les. Mais de grâce, effaçons aussi la misère, la délinquance, le chômage, l’oisiveté, etc…Mieux, ignorons-les. De toute façon, ils s’entretuent. Pour le bas de la ville, il n’y a qu’à transférer nos intérêts ailleurs,- toute capacité d’absorption mise à part-. Toutefois, de grâce, épargnez-nous ces bouchons interminables, ces couvre-feux non déclarés, dès 6hpm et enfin ce stress et ces palpitations cardiaques à chaque grondement de voiture mal réglée !

Qui nous rendra compte ? Qui nous protègera ? Pas ceux qui pillent les caisses de l’Etat, pas ceux qui le leur facilitent, pas ceux qui leur conservent leurs intérêts, pas ceux qui leur prêtent leur nom, pas ceux qui leur servent de relais. Est-ce seulement ceux-là qui tuent ? Ce sera peut-être toute la différence entre ce responsable et cet autre !

Le capitalisme aura-t-il eu raison de notre désir de justice, de vérité, de démocratie, finalement ?

Lathan, 26 Novembre 2004

Marie Carmel Paul-Austin, Ph.D.

Professeur/FMP-UEH

POSITIVE QUOTE OF THE DAY

"A man travels the world in search of what he needs and
returns home to find it." -- George Moore

FROM GUY EVANS FORD, RADIO TROPICALE, NEW YORK.

“Derechef” Carl:

It would be a privilege to have you back on Radio Tropicale in a much broader scope of involvement. We will make it happen soonest, we simply have to discuss format, logistics and time availability.

It will be refreshing to have the "Fombrun Wits" on RTH. I am already looking forward to it and I am most certain that our worldwide audience would greatly benefit from such an association.

Please give me a call at your earliest convenience so we may put this project on track.

Guy-Evans Ford

MY ANSWER

Dear Guy Evans,

I am overwhelmed by your comments. Thank you very much. It was a pleasure to speak with you over the phone, and looking forward to your vist in Miami in a couple of weeks where we can set things up.

It’s not too late to include you in my exclusive club of special people who had their birthday in November. Yours was yesterday, November 29th also. “Ad multos anos,” my friend.

All the best,

Carl

TO ROY LIE

In reference to your message yesterday: “I will be in Miami as from Monday November 29th to attend the annual VII AFB-Show at Miami Beach…”

Roy, I just realized that I also am supposed to be at the VII AFB-Show in Miami Beach this week. Although there may be a huge crowd, you know what I look like due to the internet. Who knows? Maybe “east could meet west.” If you have an idea please advise.

All the best,
Carl

A GOOD PLAIN JOKE FOR A TUESDAY ; IT MADE ME SMILE. (Courtesy of Mrs. Judith Péan who has a sense of humor, and who knows a good joke when she sees one).

The Toast

John O'Reilly hoisted his beer and said, "Here's to spending
the rest of me life, between the legs of me wife!"
That won him the top prize for the best toast of the night!

He went home and told his wife, Mary, "I won the prize for
the best toast of the night."

She said, "Aye, what was your toast?"
John said, "Here's to spending the rest of me life, sitting
in church beside me wife."

"Oh that is very nice indeed, John!" Mary said.

The next day, Mary ran into one of John's toasting buddies on
the street corner. The man chuckled leeringly and said, "John
won the prize the other night, with a toast about you, Mary."

She said, "Aye and I was a bit surprised me self! You know,
he's only been there twice! Once he fell asleep, and the other
time I had to pull him by the ears to make him come."

A Very Haitian Story
By EDWIDGE DANTICAT

(repeated on request for those who have not read it)

On Sunday, Oct. 24, United Nations troops and Haitian police forces launched a military operation in Bel-Air, one of the poorest and most volatile neighborhoods in Haiti's capital, Port-au-Prince. Their stated goal was to oust armed gangs, some of which are still loyal to Haiti's deposed president, Jean-Bertrand Aristide.

During the clash that followed, United Nations peacekeepers used the roof of a three-story building that housed a church and school run by my 81-year-old uncle, the Rev. Joseph N. Dantica and his son, Maxo, to fire into the alley below.

Official sources count relatively few casualties for the day, but although he may never be counted as part of the official death toll, my uncle was a victim too, not just of the violence in Haiti, but also of the prejudice of American immigration officials. Before my uncle lost his life in a series of catastrophic events that unraveled from the moment the military forces crossed his threshold, he told another side of that story.

When the international and combined Haitian forces left Bel-Air, gang members came to my uncle's home, told him that 15 of their friends had been killed and said he had to pay for the burials or die. Having lived and worked in Bel-Air for more than 50 years, he had known some of these young men since they were boys, and they allowed him a few minutes to make a phone call. He grabbed a few important papers and fled to a nearby house.

My uncle hid under a neighbor's bed for three days as the gang members searched for him. They ransacked his home and church and set the school on fire. When he was finally able to leave, he and Maxo traveled to the United States - my uncle on a multiple-entry visa, just as he had, many times, for more than 30 years.

But this time, when immigration officials at Miami International Airport asked my uncle how long he would be staying, he explained that he would be killed if he returned to Haiti and that he and Maxo wanted asylum. They were arrested and taken to the Krome Detention Center, where, my uncle told his lawyer three days later, the medicine he had brought with him from Haiti - a combination of both herbal and prescription medicines for an inflamed prostate and high blood pressure - was taken away from him. Twenty-four hours later, still in custody, he died at a nearby hospital.

Sadly, even with its extreme circumstances, my uncle's case is not unusual in terms of his tragic confrontation with Haiti's current political turmoil and the Homeland Security Department's dismissive treatment of Haitian asylum seekers.

When he left Port-au-Prince, my uncle joined a long list of desperate, ill-fated Haitians who are fleeing a country that is plagued not only by gang warfare, rebel attacks, summary arrests and other human rights violations, but also ecological disasters: in September, flash floods caused by Tropical Storm Jeanne killed 1,900 people and left 200,000 more homeless.

Still, while the American government just renewed, for the fourth time, another 18-month term of the Temporary Protected Status granted to approximately 85,000 Hondurans and Nicaraguans after Hurricane Mitch in 1998, it will not give the same status to 20,000 Haitians living here.

It denies Haitians this status even though the interim government in Haiti (with the backing of both Democratic and Republican officials in the United States) appealed for the measure to give Haiti time to stabilize its security system and recover from a severe housing shortage resulting from the ravages of Jeanne.

Homeland Security officials often cite security concerns and the fear of mass migration to justify their immigration policy for Haitians but is it really wise for the United States to allow a country so close to Florida to so seriously decay?

In February, the United States (along with Canada and France) organized a regime change in Haiti and then withdrew its forces, leaving a meager Brazil-led force to pick up where it left off. Despite the international aid money that has been pledged to Haiti, the absence of a viable security force and the lack of other much needed infrastructure - like roads, schools and medical care - inhibits real recovery and perpetuates an environment that not only makes life in Haiti dangerous but unlivable for its poorest and most vulnerable residents.

Like Nicaraguans and Hondurans, Haitians should be granted temporary protection status while Haiti tries to recover from the political plagues and environmental disasters suffocating it. Like the claims from Cubans, Haitian asylum claims should be considered fairly and humanely so that calamities like my uncle's flight and eventual death in the custody of the Homeland Security Department, are never repeated.

Edwidge Danticat is the author, most recently, of "The Dew Breaker."

INSIGNIFICANT GOALS

If we don't know specifically where we are headed in life, instead of making life happen, we allow life as it happens to make us. That is, instead of directing our life we are directed by the circumstances of life like a rudderless ship with no real sense of direction, wasting our God-given potential on pursuing happiness, riches, or insignificant goals.

John C. Maxwell

THANK YOU FOR THE INVITATION (Carl).

The Honorable Manny Diaz, Mayor of Miami,

University of Miami Libraries Cuban Heritage Collection, Goldman Properties,
Royal Palm Communities and Cuban Monument to Freedom, Inc

&

Cordially invites you to the opening reception of the Painted Cuban Plane and Freedom Luggage Installation by Xavier Cortada.

THURSDAY December 2nd, 2004 from 7pm to 10pm

at the exhibit’s new home
318 NW 23rd Street
Miami, FL

Cuban Monument to Freedom

Featuring Xavier Cortada's painting on the actual Russian Antonov-2 Colt airplane that brought a family from Cuba to the United States. Surrounding the plane are 46 pieces of luggage numbered sequentially from 1959 to 2004, representing each year the Cuban community has been in exile. Each piece will include letters from exiles describing what they left behind in Cuba and what they found when they arrived here.

Amiga volvere

guardare tus besos
en la fuente de mi corazon
y el uso sorprendido
de tu aliento sobre mi semblante

guardare tus manos pequeñas y claras
al alcance de esa luz
que nos ilumina
y tus rodillas osadas
muy cerca de mi llamada
cuando apareces

guardare el olvido del tiempo
como si no existiese
de tus ausencias
y la presencia en mi memoria de ti
de tan grato recuerdo
y de mi marcha hacia el infinito
para luego volver
como el sol

como el sol volvere
para ofrecerte la vida
mi vida la cual es para ti
esencia fenomenal de fragancias
verdad dada a la luz de tu figura
amor desmesurado y sin trabas
despojados de miserias y rencores
para decir queramonos
para seguir haciendo la vida feliz

tanto tiempo me queda
para relatarte lo que mi corazon siente
que al quedar en medio de tu mirada
solo me queda decir
mañana volvere mujer
volvere como el sol de cada mañana
para alegrar tu corazon
que es vida de mi llamada

Autor de la Poesia: dom pepe

REFLEKSYON KAL.

E POU MWEN FINI ZANMI MWEN YO.

Pawol la pou jodi’a: Zafè ti-poul ak ti poulèt, moun pa mele.

Lè mape gade sa kap pase jodi’a nan match football peyi Lerop sa fè’m rete dyol louvri. Mwa novanm lanne 2004 racism kontinwye ap leve bèk li tèt kale, fwa sa’a pa kay tonton Sam ki toujou gen bon do, men nan peyi lerop yo, kote racism pa te sipoze janm existe kon kay meriken. Bounda nini. De ki prevyen?

Semen pase twa jwè football ki tap jwe nan peyi Lespay, Langletè, ak Litali te blije mouri poul yo ak spektatè nan peyi sa-yo ki tap trete yo de makak. Sa fèt yon semen apre jwè football angle nwa yo tap tande spektatè panyol nan vil Madrid peyi Lespay, ki tap rele yo makak nan yon exibisyon match football peyi Langletè ak peyi Lespay.

Envestigasyon louvri ak gwo oganizasyon foutball yo kon FIFA ak UEFA pou seye konprann de ki prevyen. Presyon fèt sou citwayen panyol yo nan peyi Lespay pou yo respekte moun, men yo kontwinye ape rele jwè nwa yo makak epi ape bayo salu militè diktatè alman Adolf Hitlè’a.

Nan peyi Langletè yon jwè trinidadien ki rele Dwight Yorke spektatè yo kouri chalbarik dèyè li. Yon jwè Cameroon nan kontininan Lafrik ki rele Pierre Boya te blije ape sibi frekanste spektatè nan peyi Litali.

Manajè foutball Sven-Goran Eriksson peyi Langletè mande pou sa kaba. Mwen menm Kal mwen kont tout racism ke li blan, ke li nwè, ke li ti rouj, ke li jonn. Valè yon moun se pa nan ras li, se nan bren li, se nan konpotman li. Prejije ap toujou la sou latè nan tout ras paske limanite pa jam gen tolerans vreman youn pou lot. Se sa listwa moutre. Men, tonè kraze’m, si nou pa antand nou se nou tout kap disparèt, e lè nou mouri san nou tout ap rouj. Sa se verite sou tanbou.

Kenbe la tout moun, na pale demen si Granmèt la vle.
Kal

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