Carl' Corner
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FOR FRIDAY 26 and Monday 29 AUGUST 2005

FOR FRIDAY 26 and Monday 29 AUGUST 2005

MY INTERVIEW WITH PRIME MINISTER GÉRARD LATORUE on August 28th 2005, from noon to 1.00 p.m. which was to be transmitted live by Radio RCH in Homestead, Florida, and WDNA in Miami, and on the internet www.radiorch.net was cancelled due to the destruction of their antennas by hurricane Katrina. A resume of questions in French received on "Carl’s Corner" for the prime minister follows.

Pour les VENDREDI 26 ET LUNDI 29 Août 2005 .-La ballade des gens heureux sur le LE COIN DE CARL PARLANT ET ÉCRIT, DE TOUT ET DE RIEN,"DANS UN VERBE D’ARC-EN-CIEL.

Bonjour Miami, ses alentours et les "internôtres" qui écoutent à travers le monde. CHAQUE JOUR EST À LUI SEUL UNE VIE. Dieu, le travail et la liberté. Et bonjour, bonjour la vie, bonjour l’amour, pourquoi pas? Moi’j vais bien et’j m’habitue.

Le temps poursuit sa marche et avec lui avance le monde.

LES GENS HEUREUX N’ONT PAS D’HISTOIRES. LES GENS HEUREUX, ILS FONT L’HISTOIRE…

NOUS SOMMES DES REVENANTS DE L’OURAGAN KATRINA À MIAMI. SANS CHEMISE ET SANS PANTALON « men nou pi rèd pase ke makak. »

LE COIN DE CARL, SUR RADIO RCH À HOMESTEAD, FLORIDE CHAQUE DIMANCE DE MIDI à 1.00 P.M. et sur l’internet www.radiorch.net . CHAQUE DIMANCHE, 4.15 P.M. sur Antenne 88.9 FM à Miami, WDNA.. Chaque Mardi et Jeudi à 9 heures du soir sur ISLAND TV, canal 19 à Miami Dade et canal 79 à Broward.

LE COIN DE CARL, POUR LES VENDREDI 26 ET LUNDI 29 AOÛT 2005.

 

LA PENSÉE DU JOUR

L'homme a deux faces: il ne peut pas aimer sans s'aimer.

 

Premier Ministre Gérard Latortue

 

Merci au premier ministre Gérard Latortue pour avoir bien voulu honorer le COIN DE CARL de sa présence le dimanche 28 Août 2005 en Floride. Malheureusement, les problèmes techniques aux stations de la radio RCH à Homestead, Floride et de la WDNA a Kendall, dus aux inondations et dévastations de ces deux antennes par l’ouragan KATRINA, ne nous ont pas permis le truchement radiophonique et sur l’internet www.radiorch.net Après le cyclone KATRINA, n’ayant pas d’électricité, mon ordinateur était non-fonctionnel, mais un peu avant l’inoubliable jeudi 24 août 2005 j’ai recu les questions qui suivront.

Merci à cette multitude de gens mondialement, qui ont montrés leur intérêt aux affaires haitiennes, en suggérant au COIN DE CARL des questions pertinentes au premier ministre, ayant à voire avec l’actualité nationale et le futur d’une nation présentement en péril.

Le COIN DE CARL n’entendait pas tergiverser sur des sujets qui auraient pu prendre plus qu’une heure radiophonique pour être discutés. J’avais apprécié le désir et la bienveillance du premier ministre qui était disposé à vouloir répondre directement aux questions. Je lui aurais aussi demandé de ne pas trop élaborer, de facon que nous aurions pu couvrir autant de sujets que possible. Avec tout le respect du aux élus du jour, plusieurs d’entre eux ont l’habitude d’éviter une réponse directe à une question posée. Je veux croire que ce ne serait pas notre cas, avec M. Latortue, et que nous aurions l’opportunité d’avoir un franc-parler, mais le destin ne l’a pas voulu.

Monsieur le premier ministre, le COIN DE CARL vous transmet ses meilleurs voeux de bonne santé continue et vous souhaite un bon retour au bercail pour allez reprendre le gouvernail de la nation haitienne, le mercredi 31 août 2005 prochain.

CI-JOINT LES QUESTIONS, RECUES D’UN PEU PARTOUT, QUE JE SOUMETS VOLONTIERS AUX LECTEURS ET LECTRICES DU COIN DE CARL. Si, à l’avenir, le premier ministre désire les répondre à sa guise, à d’autres médias ou à votre serviteur, je serais le premier à l’applaudir et le remercier.

PREMIÈRE QUESTION

Monsieur le premier ministre, dans votre parcours depuis mars 2004 au timon des affaires de la République d’Haiti et de prime abord comme un administrateur haut-gradé d’une entreprise internationale, vous avez eû le privilège de rencontrer des gens qui par leur rang, position et renommée, sont ou se pensaient destinés à devenir des figures historiques. Il est dit que les grands hommes meurent deux fois : une fois comme hommes et une fois comme grands. Les avez-vous trouvés aussi brillants que vous l’imaginiez ?

DEUZIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, à BON REPOS sur la route de Montrouis dans les environs de Port-au-Prince à quelques kilomètres de Damien, des fouilles se font journellement pour enlever du Boron, de l’Iranium qui sont des éléments rares, des ressources précieuses nationales, pour être ensuite transportées à l’étranger. L’Iranium se vend sur le marché mondial à $750.00 dollars l’once. Il n’y a dans le monde que deux pays à le posséder, parait-il : la Chine et Haiti. Cet endroit à BON REPOS est interdit à tous, même aux propriétaires de ces terres. Est-ce un secret d’état ? Si oui, pourquoi ? C’est aussi une injustice commise envers les propriétaires terriens. De quoi s’agit-il à BON REPOS dans cet endroit connu comme le « no man’s land ». Votre réponse ?

TROISIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, la compagnie étatique haitienne dénommée ÉLECTRICITÉ D’HAITI a un contrat avec la compagnie ALSTROM dont Madame Mildred Trouillot Aristide est la principale actionnaire. Madame Mildred Trouillot Aristide a des représentants en Haiti. Ce contrat est garanti par un chèque de plusieurs millions de dollars (il y en a qui disent 10 millions) payable à présentation par la Banque Nationale d’Haiti. 150,000 dollars américains sont versés chaque mois aux représentants de Madame Mildred Trouillot Aristide. La compagnie étatique ÉLECTRICITÉ D’HAITI est en faillite et dans l’impossibilité de maintenir une infrastructure. Le pays est toujours sans électricité. Ce contrat que vous avez renouvelé a été dénoncé par le programme Metropolis à radio Métropole à Port-au-Prince, sur Vision 2000 et aussi par un directeur de la compagnie ELECTRICITÉ D’HAITI. Pourquoi avoir refusé la barge de production électrique offerte par le gouvernement américain en la personne de George W. Bush, jusqu’à réparation totale des failles sans coût à l’état haitien ? Nous faisons l’expérience actuellement dans le Sud de la Floride ou le « blackout » sème la pagaille dans cette société moderne-électronique, l’une des plus avancées sur terre. Votre réponse ?

QUATRIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, en Haiti et même dans le journal Le Figaro à Paris, des accusations graves ont été portées contre celui que vous avez à vos cotés à titre de proche collaborateur, M.Youri Latortue. Il est connu par certains comme « Monsieur 30% », qui reconnaissent en lui un homme-à-tout faire pas seulement sous le gouvernement précédent mais aussi sur le vôtre. On ajoute que vous le faites passer pour un proche parent, alors que toute votre famille ne le connaît même pas. Que pourriez-vous nous dire à ce sujet ? Quelle est votre perception de Youri Latortue ?

CINQUIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre. Le rapport de M. Paul Denis et L’UCREF a été rendu public et des noms ont été cités. À quand la main mise sur les gens accusés dans ce rapport ? Qu’attend l’état haitien pour illustrer tout cela ?

SIXIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre. à combien évaluez-vous vos avoirs aujourd’hui ? À combien s’élève votre salaire de premier ministre, et aurez vous une pension du gouvernement haitien à votre retraite, et de combien ?

SEPTIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, la politique de doublure a fait partie de l’Histoire d’Haiti ou une classe bourgeoise mulâtre, pour se maintenir au pouvoir et gouverner dans les coulisses, fit appel à des présidents noirs, incapables, à la présidence de la république, et gouvernait dans les coulisses. Le jeu semble avoir changé : la politique de doublure semble continuer cette fois, avec la communauté internationale, qui sélectionne un haitien comme président ou premier ministre. On se demande si vous êtes maître de vos décisions ou si des Américains, Canadiens, Français et autres vous dictent la ligne de conduite à suivre ? Votre réponse ?

HUITIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, vous avez épousé Marlène Zéphirin, fille de l’homme politique Mauclair Zéphirin, beau-frère du feu président Magloire. Votre épouse est aussi la petite-fille du sénateur Louis Saint-Surin Zéphirin, de la société capoise. La « diaspora » a oui dire, d’après vos propos en Haiti, que vous ne vous considérez pas un membre de l’élite. De quelle élite parliez-vous ? Pouvez vous spécifier ?

NEUVIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, comme premier ministre provisoire choisi pour faciliter l’installation d’un gouvernement permanent dans un pays occupé, pensez-vous avoir le même respect et la même confiance qu’avait recu le président provisoire Eugène Roy, qui dans les mêms conditions a guidé les destinées d’Haiti dans les élections présidentielles de 1930 ?

DIZIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, le président Sténio Vincent, malgré le manque de libertés démocratiques de son gouvernement, était considéré comme un nationaliste. Vous considérez-vous un nationaliste ? Et si oui, quel acte notoire en ce sens pouvez-vous nous signaler depuis votre ascension à la primature ?

ONZIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, « à l’impossible nous sommes tenus. » Nommer un ambassadeur en République Dominicaine est-ce au-delà de la norme gestionnaire d’un gouvernement de transition ?

DOUZIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, le pouvoir d’un gouvernement de transition, non élu, est-il illimité, ou est-il lié à la seule fonction de faire des élections dans un bref délai ? Pris en dehors de ce cadre électoral d’un gouvernement, les actes, décrets et décisions, nobostant affaires courantes, ne sont-ils pas controversés ?

TREIZIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, les élections seront-elles renvoyées à une date ultérieure avec le climat politique actuel ?

QUARTOZIÈME QUESTION

Monsieur le premier ministre, quel sera le rôle de la diaspora dans la politique future d’Haiti ? Aura-t-elle droit finalement à la double nationalité comme en République Dominicaine ?

QUINZIÈME ET DERNIÈRE QUESTION

Monsieur le premier ministre, pour conclure sur une note humouristique, mais qui a toute son importance. Quelques mois avant votre ascension à la primature vous avez été l’un de mes assistants, comme acteur, dans le film LORDS OF MIAMI (Les Seigneurs de Miami). En ma qualité de Don Carlos, Chef fictif de la pègue en Floride, je suis en charge de cinq territoires de la drogue dont le vôtre en Haiti, ceux du Dr. Louis Noisin à la Jamaique, du Dr. Gérard Férère en République Dominicaine, et de l’industrialiste Georges Saati au Brésil.

Il y a de cela quelques mois, la Première de ce film fût présentée dans un théâtre à Miami Beach. Je n’ai pas vu ce film, dont je suis l’acteur principal, et jusqu'à présent il y une mystification à savoir quand il sera présenté au public ; il semble avoir simplement disparu de la circulation. Avez-vous vu le film ?

Pour l’Histoire et le Gouvernement transitoire de facto corrompu. (insertion demandée)

Par Daniel Boncy

14 Octobre1930 -14 Octobre 2005. Déjà 75 ans. Le président Eugène Roy a inscrit son nom en cette date pour avoir organiser des élections libres, sincères et loyales dans un pays où la norme était de violer la souveraineté nationale. Eugène Roy avait réalisé le miracle de tenir la balance égale entre tous les candidats. Et il abandonna le pouvoir avec la satisfaction du devoir accompli, entraînant dans la tombe l’estime et la considération de tous ses concitoyens.

Ce qui valut la boutade d’Ernest Chauvet : « Les civilisés, c’est nous.» Ce que nous ne pouvons pas dire aujourd’hui. Depuis cette date, et malgré cet exemple, les successeurs et le premier parmi eux Sténio Vincent ont repris la tradition des élections frauduleuses, truquées par des manœuvres électorales comme cette mascarade à laquelle nous allons assister « sélections et non élections », car ils ont trop de honte à cacher pour avoir un parlement indépendant, mais le peuple est là qui veille et qui demande un nouveau Procès de la Consolidation.

Tout au long de son règne, Sténio Vincent (1930-1940) a remis en pratique le système qui fut perfectionné.

Les élections d’Elie Lescot furent dirigées de l’extérieur. La trame reste gravée dans le sang de 25,000 compatriotes sacrifiés à la barbarie de Trujillo. Ces jours-ci encore avec Lionel Fernandez, les Haïtiens sont malmenés, tués dans les bateys. Mêmes les enfants qui sont nés en Dominicanie, sont expulsés en Haïti sans aucune forme de procès. Car l’actuel gouvernement est sans prestige. Quoi d’étonnant puisque nous avons un Premier Ministre, un bureaucrate et économiste qui a fait sa carrière aux Nations Unis, nommé par les Grands, jusqu’aux prochaines élections. En un mot, un gouvernement intérimaire docile aux ordres de la communauté internationale. Le Premier Ministre avait pour nom Saul, aujourd’hui il s’appelle Paul pour nous bercer.

Messieurs les candidats aux fonctions électives, n’oubliez pas ce que je vous ai déjà dit : l’histoire me donnera raison.

Qui vivra , verra.

Daniel Boncy

LE COIN DU LIVRE (sur demande générale pour ceux qui ne l’ont pas recu).

"Ce n'est pas parce qu'on est noir qu'on peut faire n'importe quoi"

Août 2005 - par DOMINIQUE MATAILLET

Pionnière de la lutte contre les discriminations en France, la romancière Calixthe Beyala a trouvé dans son dernier livre une autre minorité à défendre : les fermiers blancs victimes des expropriations de Mugabe. Pour elle, les souffrances des Africains ne leur donnent par tous les droits. Interview.

En quatorze livres - le premier, C'est le soleil qui m'a brûlée, est sorti en 1987 -, Calixthe Beyala avait déjà abordé pas mal de genres, entre romans - associant chroniques réalistes, vaudevilles et récits allégoriques - et essais. Avant d'accoucher, en 2003, d'une fable érotique (Femme nue, femme noire, Albin Michel) qui a laissé de marbre beaucoup de critiques.

On craignait néanmoins que l'écrivaine franco-camerounaise ne tourne en rond avec ses histoires d'Africaines en révolte et qu'elle ne commence à se sentir à l'étroit dans un univers qui, de Douala où elle est née, à Paris, sa ville d'adoption, demeurait fondamentalement « françafricain ».

Jeune Afrique/l'intelligent : Comment vous est venue l'idée de votre dernier livre ?

Calixthe Beyala : Il y a une dizaine d'années, une journaliste sud-africaine, une Blanche afrikaner, voulait m'interviewer. Pour la militante noire que j'étais, cette femme représentait l'apartheid : pas question de la voir ! Elle a appelé chaque jour pendant trois mois. De guerre lasse, j'ai accepté de la rencontrer cinq minutes. Finalement, l'entretien a duré cinq heures. Il a complètement remis en question ma conception de l'identité. Est-on africain parce qu'on est noir, et européen parce qu'on est blanc ?

Je me suis interrogée sur cette notion qui consiste à rattacher un peuple à une terre parce qu'il en serait soi-disant l'héritier naturel. Cette notion devient de plus en absurde avec le temps. Les gens voyagent énormément aujourd'hui. Ils se déplacent, s'installent ailleurs. Finalement, leur identité est constituée d'une multitude d'identités. Cette journaliste m'a fait comprendre que l'Afrique est une culture, une manière de voir la vie. Et non une couleur de peau. Un Blanc qui vit en Afrique est un Africain. Malgré ses privilèges, il partage la destinée de ce continent.

J.A.I. : Pourquoi le Zimbabwe ?

C.B. : Quand les expropriations ont commencé au Zimbabwe, j'ai pensé qu'il fallait corriger l'Histoire. Mais le sort réservé aux fermiers expropriés m'a interpellée. Et ce qui m'a intriguée, c'est d'entendre les Blancs d'Afrique du Sud parler de racisme noir en Rhodésie. Je suis alors allée discuter avec les responsables de l'ambassade du Zimbabwe à Paris. Ils m'ont invitée à me rendre dans leur pays. J'ai refusé, pour garder mes distances par rapport aux événements. Et puis j'ai été choquée d'apprendre que quelqu'un qu'on m'avait présenté comme un écrivain faisait partie des gens qui ont hérité des terres. Comment peut-on donner des terres à un écrivain, me suis-je demandé ? Pour quoi faire ? Et les paysans ?

Ce qui m'a décidée aussi, c'est de voir les Africains noirs applaudir aux expulsions. J'avais envie de leur dire : nous sommes plusieurs millions en Europe. Imaginez qu'on nous demande de partir. Comment vivriez-vous cela ?

J.A.I. : Le parallèle est osé. Les Zimbabwéens blancs possédaient des richesses démesurées par rapport aux autres.

C.B. : Il fallait en effet trouver les moyens de créer plus d'égalité. Mais sans maltraiter ni chasser les gens. À quoi est-on arrivé ? À un pays qui s'appauvrit simplement parce qu'on veut donner la terre aux Noirs, même s'ils sont incompétents, même s'ils n'aiment pas la terre. Un écrivain n'est pas forcément un paysan dans l'âme... En outre, mon parallèle n'est pas aussi sot que cela. Les Africains qui s'installent en Europe y vivent mieux que dans leur village. Sinon, ils ne seraient pas venus. Ils peuvent se soigner, scolariser leurs enfants. C'est d'ailleurs pour cela que Le Pen leur demande de partir.

J.A.I. : Vous faites des descriptions très précises du Zimbabwe. Êtes-vous allée sur place pour vous imprégner des paysages ?

C.B. : Je ne suis pas géographe, mais je sais que c'est un pays de savane. En Afrique, tous les pays de savane se ressemblent.

C'est la force de l'écrivain que d'être capable, à partir de quelques éléments, de recréer un univers en lui donnant les apparences de la vérité. Un écrivain ne fait pas du journalisme. Mais il doit être capable de reproduire l'essence de la chose.

J.A.I. : Vous avez condamné sévèrement les déclarations de Dieudonné opposant les Noirs et les Juifs.

C.B. : J'ai été la première à mener le combat pour la reconnaissance de la traite négrière avant que Dieudonné vienne s'en mêler. Ce n'était pas un combat de haine, mais un combat pour l'égalité. Et cette revendication s'adressait à la République et non à un groupe ethnique. Pour moi, Dieudonné a dévoyé le combat. Autant je suis capable de prendre tous les risques pour défendre la cause des Noirs, des Arabes ou de n'importe qui en France, autant je ne cautionne plus personne quand il s'agit de diriger la haine vers une communauté.

Dieudonné, lui, sait plus ou moins se contrôler. Mais est-ce qu'il contrôle les jeunes des banlieues ? Aujourd'hui, il les pousse à aller taper les Juifs. Demain, cela peut être les Arabes. En disant que les Arabes nous ont pris l'Afrique.

La souffrance noire est assez forte, elle a assez d'arguments historiques pour ne pas avoir besoin de boucs émissaires. Et puis, si on dénonce aujourd'hui l'arrière petit-fils d'un esclavagiste, qu'est-ce qu'on va faire ? Même s'il est l'héritier de la mémoire de sa famille, il n'est pas responsable de ses actes.

J.A.I. : Dans la reconnaissance des crimes contre les Noirs, tout ou presque reste à faire...

C.B. : Oui. Mais tous les Blancs sont-ils pour autant des salopards ? Moi, je connais des Blancs qui se battent avec les Noirs. Il faut donc poser le problème autrement. C'est à la République française qu'il faut demander des comptes. Au Collectif égalité, comme nous l'avons fait. On a réclamé justice non à un groupe, mais à la République, symbolisée par le chef de l'État.

J.A.I. : La demande de réparations pour la traite négrière et l'esclavage n'est-elle pas légitime ?

C.B. : Moi, j'ai toujours demandé des réparations. Je n'ai pas condamné Dieudonné pour ses revendications, mais pour les propos qu'il a tenus contre un peuple qui a lui aussi beaucoup souffert. J'aurais la même attitude s'il s'agissait des Arabes ou d'une autre communauté. Mon rôle est d'éveiller les consciences. Je ne suis pas une politicienne. Nicolas Sarkozy plaide aujourd'hui en faveur des discriminations positives. On m'avait jeté la pierre pour l'avoir demandée il y a quelques années. Peu importe, mon travail est terminé, et je peux me consacrer à d'autres combats.

J.A.I. : Lesquels ?

C.B. : Ce qui me motive aujourd'hui, c'est de faire passer des idées. Celle qu'une identité n'est pas figée, qu'elle est « recyclable ». Qu'on est africain parce qu'on a une culture africaine et que l'Afrique n'est pas seulement noire : elle est également blanche, arabe, elle est faite d'une multitude de cultures.

Jusqu'à présent, c'étaient les Blancs qui parlaient des Noirs. L'inverse n'a jamais été vrai. Aujourd'hui, j'ouvre une brèche.

J.A.I. : Vous pensez avoir épuisé le thème des Africains en France ?

C.B. : Je n'ai pas seulement traité des Africains en France, j'ai parlé également des Africains en Afrique. Et je ne pense pas avoir épuisé quoi que ce soit. Il y a, il est vrai, une reprise de mes thématiques par d'autres écrivains. C'est pourquoi je préfère passer à autre chose.

J.A.I. : Gardez-vous des liens étroits avec le Cameroun ?

C.B. : Oui, mais ce pays me désespère. Il possède une foultitude d'intellectuels et d'hommes de savoir et il n'arrive pas à décoller parce qu'on ne sait pas y utiliser ces talents. C'est un pays qui a un trop-plein de connaissances. Mais les magouilles et la corruption empêchent l'émergence de la classe moyenne qui permettrait à la société d'évoluer. Avec son potentiel, le Cameroun aurait pu être, avec l'Afrique du Sud, le moteur de la région. Mais voilà : ce sont les mêmes qui sont au pouvoir depuis quarante ans, et ils ne lâchent rien. Ils ne donnent aucune chance à l'avenir.

Il y a deux éléments sur lesquels je juge un pays. Qu'il n'y ait pas de routes, je m'en fiche. Qu'il n'y ait pas de grands immeubles, je m'en fiche. Ce qui compte, c'est la scolarisation et la santé. Quand un pays a des enfants bien scolarisés et en bonne santé, on peut être sûr qu'il s'en sortira. Cela peut prendre vingt ans, cinquante ans, mais il s'en sortira.

C'est pour cela que lorsqu'on critique Castro, je réagis. Cuba est le pays où l'on compte le plus de médecins au mètre carré. Le peuple est en bonne santé et les enfants vont à l'école. Moi, si un pays m'offre ça, je passe le reste sous silence. Je laisse même passer la corruption.

J.A.I. : Même au prix d'une dictature ?

C.B. : Est-ce que la France était une démocratie il y a deux siècles ? Et d'ailleurs, est-ce qu'elle en est véritablement une aujourd'hui ? La question peut se poser.

Pour que la démocratie soit parfaite, il faut éduquer les gens et qu'ils soient en bonne santé. Quelqu'un qui a besoin de faire soigner ses enfants est prêt à accepter les 10 000 francs que tu lui donnes à condition qu'il vote pour toi.

Que veut dire la démocratie dans un pays où les gens meurent au bord de la route ? En Afrique, la démocratie est arrivée un peu trop tôt. Ou plutôt, elle est arrivée dans de mauvaises conditions. À partir du moment où tu sacrifies l'éducation et la santé, tu vas gouverner qui ? Des millions de malades ? C'est ce qui se passe aujourd'hui en Afrique...

Moi, je veux bien que l'Union européenne et les autres nous donnent des leçons de bonne gouvernance, mais qu'ils aillent voir les vraies réalités ! Ils conditionnent l'attribution des aides à la bonne tenue des élections. Je préférerais les entendre dire : on ne vous donne pas d'aide parce qu'elle ne sert pas à construire des écoles et des hôpitaux. Le reste c'est du pipeau ! Aujourd'hui, on est peut-être en démocratie, mais c'est pire qu'il y a quarante ans. Quand j'étais petite, au Cameroun, on distribuait de la Nivaquine devant l'école. Qui fait cela maintenant ? Personne.

J.A.I. : Concrètement, que faites-vous pour l'Afrique ?

C.B. : J'ai un projet d'école pilote. Au Sénégal, ou plus vraisemblablement au Burkina. Car, en tant qu'Africaine, je me sens partout chez moi. Une école qui recevra un petit nombre d'enfants - avec une seule classe par niveau - mais où ils seront nourris, logés, blanchis et scolarisés. Elle sera pilote dans la manière d'enseigner, dans le matériel mis à leur disposition. L'objectif est de former une véritable élite protégée en prenant en charge les enfants très jeunes.

J.A.I. : Revenons à votre travail littéraire. Dans La Plantation, on a comme l'impression que vous éprouvez moins d'animosité à l'égard des hommes.

C.B. : Je n'ai jamais eu d'animosité à l'égard des hommes ! Mais il est vrai qu'on évolue. Et certains livres correspondent bien à leur époque. Quand j'étais jeune, par exemple, on n'acceptait pas les femmes dans les métiers scientifiques. Les livres que j'ai faits alors avaient leur raison d'être à ce moment-là. Aujourd'hui, on assiste de plus en plus à une prise de pouvoir des femmes, même si ce n'est pas le pouvoir politique. Il y a un rééquilibrage. Une société n'est pas figée, un écrivain n'est pas figé non plus. Il se peut que dans cinquante ans, si je suis encore là, j'écrive d'autres choses. Ce qui m'intéresse, c'est de travailler dans des zones ou sur des régions que les écrivains n'ont pas encore explorées.

J.A.I. : Quels sont les écrivains africains actuels que vous appréciez ?

C.B. : Je cherche... et je ne trouve pas. Ce que je reproche à la jeune génération, c'est son manque d'engagement intellectuel. Les intellectuels doivent servir de lanternes aux masses. Les Sony Labou Tansi, les Tchicaya U Tam'si écrivaient de beaux textes, mais ils étaient là aussi quand il y avait un problème. Pour prendre position, pour défendre le peuple.

En fait, j'aime bien Gaston-Paul Effa et Eugène Ebodé, en tant qu'écrivains comme en tant que personnes. Mais, dans l'ensemble, les auteurs africains n'ont pas de position sur le monde : le peuple peut crever, on écrit des livres et c'est tout.

J.A.I. : La Plantation s'est vendue à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires. Le livre vous a peut-être déjà rapporté 100 000 euros. Et il atteindra 100 000 exemplaires, avec les Poches. Vous gagnez donc beaucoup d'argent avec vos livres...

C.B. : Cela dépend des titres. Je ne touche pas le jackpot à tous les coups. Et je ne fais pas de livre tous les ans. Sur ce point, je suis très franco-française et n'aime pas parler d'argent. Mais c'est vrai que je vis de mes droits d'auteur. Ce qui est exceptionnel. Je suis assurément l'un des seuls écrivains d'origine africaine dans ce cas.

J.A.I. : En fin de compte, vous êtes l'un des auteurs français qui se vend le mieux.

C.B. : Disons qui se vend le plus régulièrement. Et je suis l'un des plus traduits. Par exemple, Les Arbres en parlent encore est cette année la lecture d'été des Suédois. Il est lu à la radio deux fois par jour pendant six semaines.

J.A.I. : Lequel de vos livres s'est le mieux vendu en France ?

C.B. : Entre Assèze l'Africaine, Les Honneurs perdus et Le Petit Prince de Belleville, je ne sais pas. Peut-être est-ce C'est le soleil qui m'a brûlée. Parce qu'il y a des livres qui, à leur sortie, se vendent à 3 000 exemplaires et puis c'est fini. D'autres commencent à 2 000, 3 000 et atteindront 300 000 exemplaires. C'est le cas de C'est le soleil qui m'a brûlée. Il se vend depuis bientôt vingt ans.

J.A.I. : Y a-t-il un titre que vous faites passer avant les autres ?

C.B. : C'est le soleil qui m'a brûlée, justement. Il n'est pas parfait. Mais c'est le premier, et c'est celui qui livre ma vérité profonde. Dans un premier roman, il y a beaucoup d'innocence. Je l'ai écrit en toute naïveté sans penser un instant qu'il pourrait être un best-seller..

DANS CES TEMPS QUI COURENT…

Une personne qui parait forte mentalement peut-être en réalité susceptible et faible.

Ceux ou celles qui passent leur temps à protéger les autres ont le plus besoin de quelqu’un pour les protéger.

De nos jours les mots suivants sont les plus difficiles à dire:

Je t’aime, excuse-moi et aide-moi.

Il est beaucoup plus facile de dire les choses par écrit que face à face.

POSITIVE QUOTE OF THE DAY

WE SURVIVED HURRICANE KATRINA IN SOUTH FLORIDA

FROM DR.MARIE-CLAUDE DAVID ON PAT ROBERTSON

Dear Mr Fombrun ,

It has been a common tactic in America for public figures to say something outrageous , insulting or downright hateful and after hours and days of heated controversy and free public exposure ( which I suspect is their goal), offer a paltry apology, claiming that they did not want to offend anyone . All is well until the next hatemonger comes out with something like Mr Robertson 's statement.

Such hypocritical behaviour has always irked me .Full grown and educated man are not five years old boys and therefore should understand the extent of damage done by engaging their mouth before their brain .

The result of such irresponsible behaviour comes sharply in focus when one reads comments like Mrs Lopez's ( CDC 26th August).It is regrettable that people will follow blindly Mr Robertson's way of thinking and perhaps feel that it is their christian duty to act upon them , either by speaking up like she did or by pulling a trigger.

May I suggest that before buying into anyone propaganda , one should always look for the truth , get the irrefutable facts about any given situation , and only then form an honest and educated opinion.

The hateful discourse will only create more desolation and destruction in the world .God knows that we have enough of this already !

Regards,

Marie-Claude David M.D.

FROM DANNY G. MC ELRATH, TALLAHASSEE

Considering America’s track record the idea that we might assassinate a foreign leader whom we don’t like, or support people who would do the deed for us, is hardly a fantasy.

Let us be honest about our history.

IN THE BOOK « THERE WAS A PRESIDENT » written NOVEMBER 25th , 1963. (extracts)

"We are facing the greatest crisis of our times. So far Americans have stood forth with dignity and integrity. It is inherent in the American character to react the right way at the right time."

"The death of King Edward in England marked the end of the Victorian era. We hope that with the death of President John F. Kennedy in Dallas, Texas another era will end, and we will see the beginning of peace."

Extracts from "There was a president, November 25, 1963."

ON MIAMI –DADE’S MAYOR CARLOS ALVAREZ.

I was completely underwhelmed by Mayor Carlos Alvarez. Contrast his performance to former Mayor Alex Penelas, who was a constant source of updates and reassurance during last year’s four storms.

Frank Kruszewski, Miami Beach

REMARKS FROM CARL

I agree wholeheartedly with the above statement. Mayor Carlos Alvarez in his first year has shown he does not have the public relation skills or the charisma to be a good mayor. I have met him twice and he seems to be more like a gendarme (that he used to be) instead of a mayor.

Having said that, let’s not classify all cops with a deadpan personnality; Miami’s chief of police John Timoney whom I have also met a few times, is charismatic. Alex Penelas, compared to Carlos Alvarez, was a super-mayor who communicated with the Miami-Dade community on a permanent basis. I never thought I would make that statement about Penelas, whom at times I did criticize.

As for the Haitian community, regardless of the usual critics, Mayor Alex Penelas shined with his Haitian liaison Emmeline Alexis. Those were the days. Let’s hope Mr. Alvarez’s job performance will improve in the next three years.

RECEIVED FROM CLAUDE R. CRAAN, ELIZABETH, NEW JERSEY

Interview with Charles H. Baker

Dear Mr. Fombrun,

I read attentively the transcript of

your interview with the presidential

candidate Mr Charles H.Baker. I was

impressed with it all. Many

interesting points were brought but

the one that caught my attentions

the most was Mr Baker's response to

you regarding Mr. Simeus's "manque

de connaissance de la realite

haitienne"because of his supposedly

long absence in Haiti.

I'll like to believe that Mr Baker is of the new

generation of haitian thinkers, but

I'm finding it very difficult to see

that he is of the more traditional.

His reflections on Mr. Simeus can

only reassure the current Haitian

Establisment the continuity of the

status quo " Les memes choses " peut

etre un different visage.

I am convainced, that his reference

to "after a long absence outside of

Haiti it took him a while to

readjust" is not the type of

reflection that one needs to hear

in light of the current situation

in Haiti. My pessimism will remain

untill some new political operatives

or prospects will emerge with an

uncommon approach to the chronic

problems.

It is very much early in this new

episode of political confusions to

form a more elaborate opinion but I

will continue to observe a re-run

version.

Encore une fois,compliments pour un

travail bien fait.

Claude R. Craan

RECEIVED FROM HAITIAN-AMERICAN AUTHOR PATRICK BELLEGARDE SMITH IN WISCONSIN.

Carl,

On Monday, September 12th, 2005 7:00 PM

SCHWARTZ BOOKS

2559 N. Downer Avenue

will have a book-signing party

for my two most recent books:

HAITI: THE BREACHED CITADEL (Toronto: CSPI, 2004) $29.95

Edwidge Danticat: "[The work] is one of the smartest, most thorough and most lyrical books ever written about Haiti."

Gerald Horne: "The author is well-known as one of the leading Haitian intellectuals of his generation... If I had to recommend one book to explain the history and the reality of Haiti, this would be it."

Noam Chomsky: "It brilliantly illuminates the rich tapestry of Haitian culture, and reveals the remarkable resilience of the Haitian people.... [T]here is no better starting point than this learned and penetrating inquiry."

AND FRAGMENTS OF BONE: NEO-AFRICAN RELIGIONS IN A NEW WORLD (Urbana: University of Illinois Press, 2005) $20.00

Karen McCarthy Brown: "[His] collection of essays on religion that developed out of the experience of chattel slavery and colonialism takes the reader to a deeper and broader understanding of Afro-Caribbean traditions than we have had before... The cumulative effect of this unusual collection moves religions such as Vodou, Santeria, Palo, and candomble out of the realm of the exotic and into the merited position among progressive religious alternatives in the contemporary world."

FROM MARGARY CHAMY, MIAMI

(to the Queen of England)

Your Majesty,

The nomination of Michaelle Jean, to the post of Governor of Canada, has created a wave of pride from Canada to the Caribbean,

In Haiti, Michaelle’s birth country, the Motto L’union Fait La Force is but an aspiration that has not yet taken hold.

Michaelle Jean, I am sure, will do her utmost to serve and preserve the Institutions of the great country of Canada where she is being honored for her leadership and sense of service.

I, also originally from Haiti, share her feelings of thankfulness and spirit of unity that, I am certain, she will put at the service of her adopted country.

Respectfully yours,

Margary Chamy

FROM CARL FOMBRUN TO HAYO

Miami, 20 August 2005

Mrs. Mireille Sylvain David

Haitian American Youth Organization of Kendall (HAYO)

Miami, Florida

Dear Mireille Sylvain-David,

This letter is to congratulate the Haitian Youth Organization of Kendall (HAYO), yourself, its Founder-Executive-Director and your competent staff, for the outstanding cultural event presented to an imposing public, last Saturday 13 August 2005, at the Miami Banquet Hall in Kendall.

More than 100 guests, at a sitting diner, had the privilege to particpate to a first class spectacle offered by members of HAYO and their guests. All generations intermingled with each other in traditional Haitian customs. As for the many artists who performed that night, males and females, young and less young in French, English, and Haitian Creole they were certainly talented in their appearance and deliveries.

Another important role that HAYO fulfilled, with that event, was the gathering of Haitians living at home with those in the United States. The so-called generation gap was also not apparent . Miami has an important community of Haitian-Americans and many who were born in the United States. It is important, like all other ethnic groups, that those of Haitian descent keep abreast of what’s going on in their country of origin, inter-exchange between themselves and all other cultural diversities in Miami-Dade county and at large.

HAYO must continue this noble cause which will benefit Haitians as well as other nationalities, by integrating them abroad while keeping proudly their cultural identities.

All the best,

Carl

Carl’Corner

www.fombrun.com

FROM MIREILLE SYLVAIN-DAVID, CEO HAYO

Bonjour Carl,

Thank you for the letter. Besides your acting talents, you sure can write well. You truly expressed what the event was all about. Yesterday, I was to some friends' house for dinner and some of them who were at the banquet found you to be very lively and gentleman like. I like to report good things people said about others.

Again thank you,

Mireille Sylvain-David

FROM HAYOLY DANIELLE DENIS

This is a great and encouraging letter of support. I would like to point out that Mr. Fombrun's presence and attitude contributed to the success of the evening. We certainly thank him for that.

HAYOLY,

Danielle

Milking Class and Color (some extracts)

‘Café au Lait, Bien Sucré’ Offers a Taste of Haitian Interracial Romance

 

Milca Volny and Pasha Brandt share a moment on the set of 'Café au Lait.'

By Katheline St Fort

At first glance it’s astounding — and even laughable — that Georges-David Jiha’s "Café au Lait, Bien Sucré," or Coffee with Milk, With Lots of Sugar, is being billed as an interracial romance. Its plot, after all, centers on a Haitian-American professional (Pasha Brandt) and an equally Haitian-American student (Milca Volny). So where’s the mélange in that?

But as many familiar with Haiti’s divisive color dynamics know, the two classes in Haiti — the black-skinned masses and the elite fair-hued to ‘white’ minority- have knocked corns so intensely, viciously and even fatally over the course of 200 years, they might as well be two different races.

Baladilla

Abro la puerta

si alguien llama,

mas no comprenden,

que no soy nada.

Soy corto en sueño

y largo en alma,

pequeño tilo

que vive en calma.

Humilde flor

enamorada

del loco mundo

y su pujanza.

Abanico roto

de esperanza,

siempre ilusionado

en su marcha.

Lago pacífico

de claras aguas,

que alegre bebe

en sus mañanas.

Vivo y no vivo

esta humorada

mas no cambiaré

nunca de estampa.

Sueño noche y día

como sueña la amada

y aún, sin ser amado,

yo amo... a mi almohada.

Abro la puerta

y la ventana,

pero no olviden...

... que no soy nada.

_ _ _ _

SI YON MOUN PA KONEN ISTWA PEYI DAYITI…

IOCP http://www.iocp.info/

HAITI

Pierre M. Chery ekriven ayisyen

Ki jan kreyol koumanse nan peyi d’ayiti…

 

 

Si yon moun pa konnen istwa peyi d Ayiti, l ap difisil pou l konprann sa k ap pase ann Ayiti nan epòk n ap viv la a (2005). Lè n ap pale, pou Ayiti, mo kilti a pa ase, mo sivilizasyon an ta pi bon pou sa ki pase an Ayiti.

Diran plis pase 60 lane, apre endepandans Ayiti, peyi a te prèske pèdi kontak ak rès peyi oksidantal yo. Pandan sa, pa t gen boukantay (echanj) ant Ayisyen ak lòt kilti. Konsa, premye jenerasyon Ayisyen yo taye yon nouvo konsepsyon lavi pou tout kosmos la, yo re-envante fason moun dwe wè lavi a.

Nan nouvo sivilizasyon sa a, se espri yo, lwa yo ki kòmande lavi lèzòm. Tout mak-fabrik sivilizasyon sa a, yo la anndan vodou. Vodou a se yon sistèm konplè, ki ranmase tout aspè ki egzsiste nan lavi yon moun. Se yon melanj eritaj Lafrik ak kèk aspè nan kilti fransè a. Yon nouvo sivilizasyon te pare pou l parèt, men yon sivilizasyon ki soti kokobe. Paske: depi nan monte l, rayisans ni moun anndan ki te renmen Lafrans mete ak rasis moun deyò nan peyi enperyalis lepòk la (Etazini, Frans, Angletè) pa t ap bay sivilizasyon sa a chans li. Gen anpil aspè nan kilti ayisyen ki depaman ak krisyanis, nou p ap ka konprann yo si nou pa analize yo anndan sivilizasyon an, ki te vini avèk yo. Sa ta enteresan pou moun analize kouman yo poze pwoblèm byen ak mal anndan kilti ayisyen an anfas lòt kilti.

Lè nou fin konprann sa, nou ka di kilti ayisyen se yon kilti kreyòl, li kreyòl nan tout aspè lavi a. Nou ka wè sa jan Ayisyen renmen amizman, jan Ayisyen renmen danse, jan Ayisyen renmen mizik.

Ann Ayiti moun toujou kare kreyòl devan franse. Lè Ayisyen nan sitiyasyon fòmèl (sitou lè se papye leta k ap siyen), Ayisyen sèvi ak franse, se yon eritaj lakolonizasyon kite pou pèp Ayisyen. Yo sèvi ak franse anpil lè pou yo ekri liv ann Ayiti, laplipa liv lekòl, se liv yo ekri an franse (leplisouvan liv ki soti lòt bò dlo). Si ekriven ayisyen sèvi ak franse pou yo ekri, sa yo ekri yo se melanj kreyòl li montre, nan tèm yo devlope yo.

Sou dekreyolizasyon, èske Ayiti ap dekreyolize yon jou. Dekreyolizasyon se fenomèn kote kominote ki pale kreyòl yo ap pèdi lang kreyòl la, yo repran ansyen lang kolon yo. Nou pa wè tras fenomèn sa a ann Ayiti, malgre nou wè chak jou gen plis moun k ap pale yon kreyòl fransize oswa yon kreyòl anglisize. Sa nou ka di ankò, modèl ameriken an ki jwenn anpil moun sou latè, k ap reklame l, te bon pou kilti kreyòl la an Ayiti. Etan atis franse yo, Ayisyen te renmen anpil, tonbe nan imite atis ameriken yo, Lafrans pèdi plas donè li te genyen nan domèn mizikal ann Ayiti. Konsa mizik ayisyen an ka swiv chemen l pou kò l, paske mizisyen Ayisyen yo pa t bezwen modèl fransè a ankò. Mete sou sa mizik ameriken an ki pa t adapte ak mizik popilè ayisyen.

Si nou retire literati, lakilti ann Ayiti, se yon kilti ki popilè, ki kreyòl nan nannan l. Sous enspirasyon Ayisyen popilè, atis k ap kreye yo se sitou moun ki sòti nan kouch popilè yo ye. Sa a, nou ka konstate l nan penti, nan mizik, nan eskilti menm nan teyat. Gen yon literati kreyòl ann Ayiti k ap pare pou l pran lari ak tout fòs li, literati sa a ap tann lektè l yo (gen sèlman 20 lane depi yo adopte yon òtograf osifyèl pou kreyòl ann Ayiti, gen rès prejije toujou nan peyi a kont lang kreyòl). Pwodiktè kreyòl yo ap tann sipò leta ki bandonnen yo pou yo demele tèt yo pou kò yo. Jenerasyon k ap parèt la a, li kreyòl san pwoblèm e li pa gen konplèks granmoun yo. Kòm Ayiti se yon peyi kote moun renmen ekri, se lè jenerasyon k ap parèt la pare, se lè sa a lemonn antye pral wè pwodiksyon literè ann Ayiti.

How much are the similarities and differences in the music, the cooking, the way of life, values, traditions, architecture, religion, literature, etc... to the other Creole Islands of the region ?

Nou pa ka reponn kesyon sa a, paske nou pa vizite zile karayib ki pale franse yo. Sa sèlman nou ka di, Ayiti ak lòt zile nan karayib la (sitou Lamatinik ak Lagwadloup) gen yon eritaj yo pataje ansanm. Mizik Ayiti ak mizik antiyè yo sanble, yo byen resevwa atis ayisyen nan zile fransè yo, konsa tou Ayisyen byen renmen atis antiyè yo.

Haiti has been the first black country to be independent but at the same time undergone so much unstability which has seen so many coups d'etats and dictatorships, how far has the country affected by these ?

La a ankò, fòk nou retounen nan istwa peyi d Ayiti. Nan ane 1825, Jean-Pierre Boyer ki te yon diktatè, tonbe dakò ak Wa Lafrans epòk la, pou l peye kolon franse ki te pèdi byen yo nan batay revolisyon an, pou Lafrans ka rekonèt endepandans Ayiti. Se sa listwa rele "dèt Lendepandans". Depi dat sa a jouk nan fen lokipasyon meriken (1915-1934), tout ekonomi peyi a, ki te chita sou komès kafe, pral sèvi pou gouvènman peye tranch-lajan ak enterè sou kòb Boyer te prete, pou l peye dèt la. Anvan meriken kite peyi a City Bank achte rès dèt la, konsa Ayiti pase anba bòt meriken nèt.

Sou tèt malè sa a, fòk nou mete piyay nan kès leta, lagè sivil. Nan kondisyon sa yo, li te pratikman enposib pou peyi a jwenn lajan pou yo bati yon leta modèn. Mete sou sa, rivalite ant gwoup politik (ki gen gouvènman etranje dèyè yo k ap fè dife-volan), pa kite tan pou bon jan diskisyon ta fèt sou sitiyasyon pèp la, sou solisyon pou pwoblèm peyi a. Nou ka ajoute tou yon sosyete ki fann an de sou tout kalite kesyon sosyal (koulè po, lavil/andeyò, afriken/ewopeyen), divizyon ki pèmèt nenpòt ki diktatè ki fè tèt li pase pou moun k ap defann moun nwa, moun pòv, rive nan tèt leta a. Men pèp ayisyen abitye nan fè rezistans. Se plis pase 4 diktatè (Francois, Jean-Claude Duvalier, Cédras, Aristide) pèp ayisyen oblije voye ale.

What is the state of the economy today ? Is the average haitian enjoying a fair standard of living or is Haiti calssified as a poor country ?

Ayiti se yon peyi pòp, peyi ki pòv nan Amerik la.

The political unstabilities has caused massive braindrain how far from Haiti is the country suffering from this ?

Eske peyi d Ayiti soufri egzòd sèvo l yo. Wi Ayiti soufri e li kontinye ap soufri.

Lè mwen te lekòl ti katkat, nan mitan ane 60 yo, mwen asiste mèt klas mwen yo ak lòt pwofesyonèl (ki te pè diktati Divalye a) kouri kite peyi a pou y al chwe an Afrik epi Nò-Amerik. Akoz sa, Ayiti rate diz an devlopman LONI te mande pou ane 1960 yo. Sa koute peyi a plizyè dizèn ane, pou l ranplase moun ki te ale yo. Petèt si yo pat kouri, yo te ka pase anba pèsekisyon osnon move lavi. Jodi a ankò, pwofesyonèl ayisyen ap kouri dèyè viza pou Kanada, san yo pa konnen si y ap jwenn travay. Si peyi a te montre gen yon amelyorasyon k ap vini, petèt, pwofesyonèl sa yo te ka pa kite peyi a. Se pa milye, pwofesyonèl ayisyen, ki pati, ap reve kouman pou yo ta remèt peyi a kado san konte yo resevwa nan men l. Yon moun ka fè etid li depi nan premye ane jouk li rive doktè san li pa depanse yon santim kwiv.

Kisa n ka di pou moun ki pati yo? Pèsonn pa ka nye dwa yon moun genyen pou l chache travay. Si anviwonman moun nan pa ka ofri l yon travay, se tou natirèl pou moun sa a al chache travay deyò. Anvan pou yon moun gade kouman pwofesyonèl ki pa la yo fè peyi a tò, fòk sosyete ayisyen an te ka konprann dezespwa ki nan kè Ayisyen ki fè jefò, ale lekòl, aprann yon metye, ki deside pati ale dèyè djòb ki pi ba pase nivo kalifikasyon yo. Si yon peyi bezwen pwofesyonèl, l ap ka fòme yo nan de-twa lane. Men lè nou gade kontèks mondyal la, se sa Darwin te di a k ap fèt nan ekonomi (sèl sa ki fò yo ap gen chans pou yo sove po yo), si yon moun bezwen travay, li sètoblije pa ka pase tout vi li ap tann sa chanje. Batay k ap tann Ayisyen se yon batay pou yo defann dwa yo pou yo travay. Deyò pa konprann sa, anndan pa konn sa. Batay sa a, l ap fèt malgre gouvènman etranje, malgre FMI, malgre Bank Mondyal, malgre BID.

What lies ahead ? Are you optimistic about the future ? Can there be economic recovery and how ?

Chomaj se youn nan pi gwo sitiyasyon ki lakoz difikilte peyi a. Nan kòmansman lane 70 yo, gouvènman te deside pou l enstale zòn franch nan Pòtoprens. Lè diktati a ap tonbe an 1986, te gen plis pase 100 faktori soutretans anndan peyi a, laplipa se ameriken ki te pwopriyetè yo. Pou 100000 djòb sa yo, peyizan sòti nan kat kwen peyi a, vin gonfle nan bidonvil Pòtoprens yo, ak lespwa y ap ka travay nan youn nan faktori sa yo.

Sou Divalye, ouvriye pa t gen dwa reklame pi bon kondisyon travay. Lè Jean-Claude Duvalier pati ale an egzil, ouvriye yo tonbe fè grèv sovaj, san avètisman, pou ogmantasyon salè. Sou chak 100 faktori, 50 kouri kite peyi a. Tank ouvriye yo revandike, se tank mèt faktori yo fèmen yo. Dènye kou ki pou touye koukou a, se twa lane anbago peyi a pran nan epòk diktati Cedras la (1991-1994), sa ki te sanble ak endistri nan peyi a kraze nèt.

Kolonn bidonvil sa yo ki pouse tankou djondjon sou do faktori soutretans yo, se anndan yo, diktatè yo rekrite fanatik ak asasen ki pou fè djòb sal yo genyen. Sou plan ideyolojik, zafè koulè po se yon kesyon sansib ann Ayiti. Depi yon politisyen ka fè tèt li pase pou yon nonm ki menm koulè ak majorite popilasyon an, lawoulèt vyolans-egzil la derape. Tout moun ap pase, kèlkeswa koulè po opozan.

Malgre sa, pwoblèm anndan yo, pou kont yo, pa sifi pou esplike katastwòf ekonomik malouk pèp ayisyen ap viv la. Si nou swiv sa ekonomis yo rele: divizyon entènasyonal travay la, fòk Ayiti t ap pwodui byen nan sektè primè (agrikilti ak min). Topografi peyi a, kote nou jwenn plis pase 75% tè se mòn, lakoz peyi a pa ka jwenn ankenn avantaj sou lòt peyi ki nan rejyon an. Ameriken fè plis pase 20 lane ap okipe Ayiti, yo pa janm rive mete gwo fèm agrikòl sou pye anndan peyi a, tankou jan yo fè l Sen-Domeng. Pa gen ase plenn anndan peyi a se youn nan rezon ki ka esplike sa. Diri ki fèt anndan peyi a, espesyalman nan vale Latibonit, ap pran frap marasa nan men diri ki soti Miyami ak Tegzas. Frap marasa nan 2 sans: premyèman, rejyon sa yo gen plis tè plenn pase Ayiti, pi bon teknoloji, sa ba yo avantaj sou kou pwodiksyon yo, dezyèman, agrikilti nan peyi meriken jwenn sibvansyon.

Si nou swiv lojik neyo-liberal la, Ayiti ta dwe esplwate domèn l ap jwenn avantaj yo. Nan sans sa, posiblite Ayiti yo se : agrikilti, touris ak soutretans. Pou kalite tè ki genyen ann Ayiti, fòk yo amelyore rannman tè yo, pou pwodiktivite yo ogmante dekwa pou kondisyon lavi travayè agrikòl yo jwenn yon amelyorasyon. Youn nan mwayen pou yo jwenn gen sa yo, se diminye kantite moun k ap viv sou do agrikilti. Ki sektè ki pral rale kantite moun anplis agrikilti a pap bezwen ankò yo? Sektè touris la ta ka reprezante yon avni pou Ayiti, men sektè touris la bezwen envestisman enpòtan… Pou soutretans la menm, se yon ka moun pa wè sou latè. Salè minimòm yon ouvriye nan soutretans touche, ann Ayiti, ka pi piti pase kantite kòb ouvriye sa a peye pou l vin travay epi pou l manje pou jounen an.

Se konsa panorama ekonomi an parèt devan je nou. Eske nou gen dwa kwè sa ka chanje nan bon sans la? Wi, se premye fwa nan istwa peyi a, enterè nasyonal yo parèt klè devan je tout moun. Peyi a ka pran kap yon devlopman ekonomik ki apiye sou yon mache nasyonal. Se mache nasyonal la SELMAN k ap bay òpotinite pou yo sonje bezwen peyi a, enterè moun k ap envesti pou peyi a ak enterè travayè yo. Enterè nasyonal la ka sèvi kòm bousòl pou yon alyans ekonomik ant divès klas sosyal ki pa abitye wè enterè ansanm men ki oblije konprann li nan enterè yo, pou yo defann yon mache nasyonal. Depi tout patnè sosyal yo byen konprann sa, y ap kapab fè nenpòt lòt konbinezon (soutretans, touris, etc…) ak mache nasyonal la.

What do you think of the IOCP ? Can Creole work together ? Can we envisage a United Nations of Creole one day ?

Se menm babari a ki kale tout pèp kreyòl ki gen sou latè. Genyen ki soufri plis pase lòt. Men pa gen youn ki pa pote mak babari lakolonizasyon. Revandike nou se kreyòl, pale youn ak lòt, sonje ki sa ki mennen nou la, tout koze sa yo itil pou nou ka delivre anba kochma, se konsa sèlman n ap ka montre lavi a pou nou menm kreyòl vle di amizman, lagete ak anpil koulè.

Se yon obligasyon pou tout pèp kreyòl travay ansanm. Se listwa ki fè yo sòti jan yo sòti a. Yo pa chwazi, men yo kapab chanje direksyon listwa avèk aksyon yo, avèk rèv yo. Lè mwen di sa, m ap pran egzanp wòl yon lang afriken (Ewe) jwe nan fòmasyon kreyòl ayisyen ak kreyòl Seychelles. Ayiti ak Seychelles gen plizyè milye kilomèt ki separe yo, epoutan tou de lang yo tèlman sanble nan chapant yo, yon moun ta ka di se 2 varyete yon sèl lang.

Lòt koze m ap sonje, se Franswa SINTOMER (la Réunion) ki mande pou pèp kreyòl yo sèvi ak mo kreyòl lòt pèp kreyòl deja kreye lè yo bezwen mo nouvo. Fòk nou konsidere pwopozisyon sa a tankou yon envitasyon pou nou travay sou leksik lang kreyòl yo ansanm.

Nan pwen rèv moun pa ka fè. Se aksyon ki fè lèzòm. Nou ka kòmanse bati kay la ak sa nou ka kapab, monte enstitisyon ki pa twò lou pou do nou. Depi sa fèt, nou pral dèyè lòt etap pou nou janbe.

MEZANMI, SE LA MAP RETE POU JODI A. Na pale demen si Granmèt la vle.

KAL

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