« Mon cher général Pinochet... »Des boutons de manchette, une boîte en lapis-lazuli, des jeux vidéo..., ce sont là quelques-uns des cadeaux que l’ancien dictateur et les plus hauts dirigeants de la Riggs se sont échangés au cours de divers thés et autres réceptions donnés au club militaire de Santiago. Le temps passant, les contacts personnels entre M. Augusto Pinochet et M. Joe L. Allbritton, PDG de la Riggs, sa femme Barbara, ainsi que M. Timothy C. Coughlin, président de la banque, se sont transformés en une touchante amitié, dont témoignent les lettres saisies par la commission sénatoriale américaine.
En octobre 1994, une délégation de la Riggs, conduite par son président, M. Coughlin, se rend au Chili.Vice-présidente du département Amérique latine, Mme Carol Thompson rédige un mémorandum : « A la fin des années 1970, la mission militaire chilienne à Washington a transféré ses dépôts bancaires au Canada. Cela était directement lié à l’assassinat, en 1976, de l’ambassadeur chilien Letelier (1). En juillet 1994, les comptes officiels ont été rapatriés à la Riggs (...). Nous avons également offert nos services bancaires personnels au général Pinochet. »
Le 4 novembre 1994, M. Coughlin écrit à M. Pinochet pour lui renouveler l’offre de la banque : « Ce serait un honneur pour nous de vous ouvrir un compte et de vous assister dans toutes vos opérations bancaires effectuées en dehors du Chili. (...) Je veux que vous sachiez que j’ai exposé bien en évidence, dans mon bureau de la Riggs, le très beau médaillon que vous m’avez offert, et je serais heureux de vous le montrer si jamais vous décidiez de visiter Washington et bien sûr la Riggs Bank. »
En février 1996, M. Allbritton est invité à assister au derby Viña del Mar, la course hippique la plus prestigieuse du Chili, et il est reçu à l’école militaire de cavalerie de Quillota. De retour aux Etats-Unis, il adresse ces mots au général : « Ce fut évidemment un plaisir personnel de passer une journée avec vous à Quillota et d’avoir eu l’occasion de vous faire part de notre gratitude pour les relations de longue date entre les forces armées chiliennes et la Riggs Bank. (...) Le Chili est vraiment un pays très impressionnant, doté, grâce à vous, à la politique et aux réformes que vous avez instaurées, d’un avenir prometteur. Comme je vous l’ai dit, je ne serai que trop heureux de vous aider, vous et votre pays, autant que je le pourrai à Washington. Je veux vous remercier pour les magnifiques boutons de manchette que vous m’avez offerts. Sachez que vous serez le bienvenu si vous nous rendez visite, à ma femme Barby et à moi-même, dans notre maison de Middleburg, en Virginie (...). »
En octobre 1997, une délégation de dirigeants de la Riggs se trouve au Chili. Elle offrira deux jeux vidéo au général. L’après-midi du 29 octobre, M. Pinochet et son fils Marco Antonio organisent un thé en l’honneur de M. et Mme Allbritton au club militaire Lo Curo de Santiago. Ce qui leur vaut cette lettre : « Cher général Pinochet. A peine de retour d’Amérique du Sud, Barby et moi tenons à vous exprimer notre sincère gratitude pour l’accueil chaleureux que vous nous avez réservé. (...) Soyez assuré, vous et votre gouvernement, de trouver en la Riggs un solide avocat. Je partage pleinement votre vision sur l’intensification des relations économiques et commerciales entre nos deux pays. J’ai le plaisir de vous annoncer que les relations d’affaires entre la Riggs et l’armée chilienne prospèrent. Je vous suis également reconnaissant de notre amitié personnelle grandissante, dont témoignent votre gracieuse hospitalité ainsi que votre fidèle soutien à la Riggs. Vous avez débarrassé le Chili de la menace d’un gouvernement totalitaire et d’un système économique archaïque fondé sur la propriété étatique et la planification centralisée. Les Etats-Unis, ainsi que le reste du monde occidental, vous en sont très redevables, et je suis sûr que votre héritage assurera à nos enfants et petits-enfants un monde plus prospère et mieux protégé. Je vous remercie pour vos merveilleux cadeaux à Barby et moi-même, ainsi que pour les livres d’histoire, que j’ai trouvés passionnants. »
A son tour, Mme Allbritton se confond en remerciements : « Mon cher général Pinochet. Ce fut un immense plaisir et honneur que d’être avec vous mercredi au thé du club militaire. (...) J’utiliserai et exposerai avec beaucoup de fierté l’élégante boîte en lapis-lazuli que vous m’avez si gentiment donnée. Elle me rappellera ces moments particuliers passés en votre compagnie. (...) A présent, je suis enchantée à l’idée de rencontrer votre famille et de voir notre relation d’amitié s’intensifier davantage. Avec considération et respect pour vous et tout ce que vous avez fait pour notre monde. »
Enfin, le président de la Riggs : « Cher général Pinochet. (...) L’occasion pour nous tous et nos épouses de vous rencontrer, vous et votre fils, Marco Antonio, a été un plaisir particulier. je viens tout juste de terminer The Crucial Day(2). L’objectivité factuelle avec laquelle vous relatez l’histoire du Chili au début des années soixante-dix est à la fois fascinante et instructive. L’histoire permet un jugement juste et convenable, à condition que la réalité des faits soit connue. »
Actuellement, M. Pinochet est sous le coup de plusieurs inculpations dans son pays, en Espagne et en France.
FIDEL CASTRO, CUBA ET LES ÉTATS-UNIS
Salim Lamrani
lamranisalim@yahoo.fr
Extraits du nouveau livre de Lamrani. Conversations avec Ricardo Alarcón de Quesada Président de l’Assemblée nationale cubaine
La Guerre froide, responsable du conflit entre Cuba et les Etats-Unis ?
Salim Lamrani : M. le Président, l’historiographie conventionnelle analyse les tensions entre Cuba et les Etats-Unis à l’aune du cadre de la Guerre froide. Il est vrai que Cuba, en se rapprochant de l’Union soviétique, allait logiquement déclencher l’animosité de Washington. Quel est votre point de vue à ce propos ?
Ricardo Alarcón de Quesada : Il faudra un jour sérieusement interroger l’histoire conventionnelle, car il s’agit de la version qui a été prédominante dans la propagande nord-américaine. Mais en réalité, les documents et les preuves qui contredisent cette version devraient être connus de tout historien digne de ce nom, tout historien un tant soit peu sérieux. En tout cas, au moins depuis 1991, je crois savoir que les documents officiels des autorités étasuniennes concernant l’époque précédant le triomphe de la Révolution ont été déclassifiés. Evoquons le volume correspondant à la période 1958-1960, en l’occurrence la dernière année du gouvernement de Batista, et les deux premières années de la Révolution. A cette époque, on ne pouvait pas parler d’alliance avec l’Union soviétique, ni même de relations formelles avec l’Union soviétique. Cependant, ces documents démontrent que dès l’époque de Batista, l’administration d’Eisenhower a essayé d’empêcher « la victoire de Castro ». Je vous cite le document textuellement. Il s’agit d’un rapport du Conseil national de sécurité des Etats-Unis.
Salim Lamrani : Donc selon vous, la réalité est toute différente.
Ricardo Alarcón de Quesada : Les faits historiques se sont déroulés de manière complètement différente de ce que raconte l’histoire conventionnelle. Avant même le triomphe de la Révolution, les Etats-Unis ont essayé d’empêcher la victoire des barbudos, et depuis la victoire du 1er janvier 1959, Washington essaye de renverser le gouvernement révolutionnaire. Le soutien de l’Union soviétique, ce que l’on pourrait appeler l’alliance avec l’Union soviétique, n’est qu’une réponse de Cuba aux agressions des Etats-Unis. La conséquence de cette hostilité immédiate a été le rapprochement avec les Soviétiques.
Influence des Etats-Unis avant la Révolution
Salim Lamrani : Quel degré de contrôle ou d’influence exerçaient les Etats-Unis aux niveaux politique, économique et social lors du triomphe de la Révolution en 1959 ?
Ricardo Alarcón de Quesada : Les Etats-Unis avaient une très grande influence politique à Cuba. Je crois que le terme d’« influence » est plus juste. Dans les années 1950, l’amendement Platt, que Washington avait imposé au début du XXe siècle, n’existait plus légalement. Rappelez-vous que cet amendement autorisait les Etats-Unis à intervenir militairement à Cuba.
Salim Lamrani : Et pour ce qui est de l’influence économique ?
Ricardo Alarcón de Quesada : L’influence économique était énorme. L’économie cubaine était presque partie intégrante du marché étasunien car elle dépendait de manière vitale des exportations de sucre vers les Etats-Unis. L’influence d’ordre culturel était également très importante pour des raisons historiques et géographiques : Cuba a été pour ainsi dire administrée par les Etats-Unis. Il y avait une sorte de fatalisme géographique dans le subconscient collectif de Cuba, un fatalisme intentionnellement alimenté par l’idée selon laquelle il n’était pas possible de se développer sans l’aval des Etats-Unis, disons indépendamment des Etats-Unis. Cette idée était fondée, car chaque fois qu’il y a eu des velléités d’indépendance à Cuba, et cela remonte à la guerre contre l’Espagne, les Etats-Unis sont intervenus militairement, que ce soit en 1898, en 1907 ou lors de la Révolution de 1933. En 1933, l’armée n’a pas occupé militairement le pays, mais le peuple tout entier redoutait une intervention de la flotte nord-américaine, rassemblée en masse dans la baie de La Havane. L’ambassadeur étasunien à Cuba agissait en tant que superpouvoir et était l’homme politique le plus important de l’île. Ainsi, le sentiment selon lequel il n’était pas possible de vivre indépendamment des Etats-Unis était bien réel. Pour les Cubains de l’époque, tout ce que pouvait entreprendre le pays pour secouer le joug nord-américain était vain, voué à l’échec, car il en était allé ainsi précédemment.
Guantanamo
Salim Lamrani : Pourquoi le gouvernement cubain accepte-t-il la présence militaire étasunienne à Guantanamo ?
Ricardo Alarcón de Quesada : Nous ne l’acceptons pas du tout. Nous avons maintes fois déclaré que l’occupation militaire d’une partie de notre territoire était illégale et illégitime. Cela fait plus de 45 ans que nous dénonçons cette présence délictueuse auprès des instances internationales et de la communauté internationale. Nous menons une grande bataille politique et diplomatique en ce sens, mais pacifiquement. Il serait absurde de prétendre déloger les Etats-Unis de Guantanamo par la force, car cela signifierait la guerre.
Salim Lamrani : Au niveau juridique, quel accord a abouti à la cession de Guantanamo ?
Ricardo Alarcón de Quesada : L’origine de cet accord remonte à l’intervention nord-américaine dans la guerre hispano-cubaine. Les Etats-Unis sont intervenus en 1898 et ont remplacé l’Espagne en tant que puissance coloniale régnant sur Cuba. Pour retirer leurs troupes et mettre ainsi un terme à l’occupation militaire de l’île, les Etats-Unis ont imposé le célèbre amendement Platt à l’Assemblée constituante qui était censée élaborer la Constitution de l’an I – cela fait partie de l’Histoire de Cuba, histoire que connaît n’importe quel enfant de ce pays – pour organiser la République indépendante de Cuba. Il s’agissait d’un accord voté par le Congrès étasunien et qui fut ajouté par la coercition à la nouvelle Constitution. Si les membres de l’Assemblée constituante refusaient d’inclure l’amendement Platt, les troupes militaires étasuniennes ne se retireraient pas et le gouvernement envahisseur continuerait d’administrer Cuba. Cela a provoqué un débat houleux au sein de l’Assemblée, et suite à cette pression, les membres ont admis cette clause ; elle fut partie intégrante de la Constitution cubaine jusqu’en 1934.
Salim Lamrani : En quoi consistait exactement l’amendement Platt ?
Ricardo Alarcón de Quesada : L’amendement Platt avait deux composantes fondamentales : d’une part, il obligeait la République de Cuba à reconnaître aux Etats-Unis le droit d’intervenir dans les affaires intérieures cubaines à n’importe quel moment. D’autre part, la République de Cuba était contrainte de céder plusieurs espaces territoriaux pour l’installation de bases navales nord-américaines et de mines de charbon. Leur usage était exclusivement réservé à la marine étasunienne.
Salim Lamrani : Cependant, l’amendement Platt a été abrogé en 1934.
Ricardo Alarcón de Quesada : Effectivement, en 1934, ce texte contraignant a été abrogé et éliminé. Cependant, il a été remplacé par un document très concis intitulé « Traité de réciprocité entre Cuba et les Etats-Unis ». Ce texte abrogeait l’amendement Platt, mais stipulait que la base navale de la baie de Guantanamo resterait sous le contrôle et la domination des Etats-Unis jusqu’à ce que les deux parties – La Havane et Washington – décident d’un commun accord d’y mettre un terme. Voilà l’essence de cet accord.
Salim Lamrani : C’est un accord pour le moins étrange.
Ricardo Alarcón de Quesada : Absolument ! D’un côté, les Etats-Unis renonçaient à leur « droit » d’intervention dans la vie politique et économique de Cuba, mais de l’autre, ils annexaient de facto la base navale de Guantanamo pour une durée indéterminée, afin de pouvoir garder la base navale à perpétuité. En effet, le départ des Etats-Unis de Guantanamo ne dépend pas d’un calendrier précis, d’un bail déterminé par les deux parties, mais uniquement du bon vouloir des autorités étasuniennes. En d’autres termes, selon ce texte, tant que les Etats-Unis souhaiteront avoir une présence à Guantanamo, ils pourront y rester sans aucun problème. C’est cela que l’on peut qualifier, avec beaucoup de réserves, de « cadre juridique » à propos de Guantanamo.
REMARQUES DE CARL
Et du coté de Fidel Castro, et du coté de Pinochet, le mal est infini : les deux extrêmes. L’extrême en tout nuit et l’humanité en sera toujours dupe…mais, rendons à César ce qui est à César ; le sosie le plus proche d’Hitler était bien Augusto Pinochet…
Carl
EN EL RINCON DE
DON CARLOS
Te miro, me miras_
************** Te miro , Me miras, y.... he de confesarte, que cuando me miraste vi levantarse la aurora de la vida....
Y... te miro, y... me envuelves en el toque que eterniza momentos, que el tiempo se detiene y por mi piel te deslizas....
Y... me miras, y... siento la noche acogedora y tibia momentos, en que los sentimientos iluminas y tu aliento en mi boca se hace brisa...
Te miro, me Miras... y... en el manto dorado del silencio la pasión anida ya... no son dos miradas, los latidos las unifica en una sinfonía mística donde dos corazones al unísono palpitan....
C.Leyre
KREYOL PALE
KREYOL KONPRANN
"An nou priye pou Ayiti"
pa J. Pierre Herold
An nou priye pou yon nasyon Ki nan dezolasyon ki chaje ak koripsyon Malediksyon Konspirasyon Depi nan edikasyon Rive nan gwo enstitisyon.
O Bondye papa la kreyasyon Nan tan lontan Ayiti te yon peyi de prodiksyon Yon tè dadmirasyon Nan zafè lò li te fè distenksyon
Kolon yo san otorizasyon Vin ak bato kolonizasyon Yo fè vyolasyon Eksplwatasyon Desimasyon Konsa Ayiti kòmanse ap fè dantisyon Nan tribilasyon
E byen move sityasyon ak Maspinasyon Pral bay esklav detèminasyon Pou yon lòt oriantasyon.
Nan mawon esklav yo fè yon chenn linyon Yo limen flanbo fratènizasyon Yo fonw revolisyon Yo bati yon nasyon Mèsi papa liberasyon
Men zafè lanbisyon Pral mennen dezinyon Konplo ak asasinasyon… Plonje Ayiti nan yon toubiyon. Lakòz peyi a vin san destinasyon
Zòt ak yon politik san definisyon Brote peyizan pa kamyon Sa fè peyizan divòse ak plantasyon Marye ak bidonvilizasyon Plase ak faktorizasyon Konsa tonèl malè Ayiti vin pran plis fondasyon
Letènèl, gade tè ya seche ak erozyon Pwodwi etranje fè envasyon Nou tonbe nan enflasyon Ekonomi nan regresyon Konsians nan likidasyon Peyi a nan prostitisyon.
Pati politik ak òganizasyon Pouse kou dyondyon Fo lidè ak fo militan san pozisyon Sou do pèp la yap fè milyon Fè manipilasyon Pou peyi a yo pa gen ankenn vizyon
Bondye di yon mo pou la popilasyon Nan nanm li kraze zo ak disparisyon Rete yon sikatrizasyon Kote pati vin yon solisyon. Sak paka pran avyon Mande agwe pèmisyon Genyen nan yo ki mouri nan anbakasyon Genyen limyè wouj imigrasyon Fè yo pran kontravansyon Yo sibi depòtasyon Pandan imigran lòt Peyi jwenn pwoteksyon.
Nou ede anpil peyi jwen liberasyon Jounen jodi a yo fè nou desepsyon Nou sibi diskriminasyon Ak yon kwi nan menn nap ramase imilyasyon
Bondye papa eske se yon pinisyon? Nap mande w padon ak siplikasyon
Lè nou fè adisyon Anpil moun ap viv anchandryon San bitasyon.
Lè nou fè soustraksyon Tout byen Ayiti nan men yon ti pòsyon Ki dapre tradisyon Lage peyi-a nan ranyon
Lè nou fè miltiplikasyon Majorite ayisyen fè malnitrisyon
Lè nou fè divisyon Malere pa janm jwenn satisfaksyon Jou’l ta vle fè yon ti manifestasyon Pale fè revandikasyon Yo bal baton, lakimojen ak bal pou konsolasyon
Letènèl oo Balans jistis la panche yon sèl pozisyon Mizè pèp la mande w ameliorasyon Jis ki lè Ayiti va dekouvri ak dra lokipasyon? Jis ki lè pitit li va pran konsyans sitiyasyonl Pou yo pa vann peyi yo pou bouyon Lage nan la pènn plizyè jenerasyon?
Nou di objeksyon Pou moun kap pran desizyon Fè negosyasyon Nan move kondisyon Ak bloke kous demokratizasyon Twa pwen de sispansyon
Tanpri papa la pèfeksyon Mete priyè n an ekzekisyon Fè nan kè tout Ayisyen san distenksyon Pouse yon pye konsyantizasyon Pou yo mete deviz nou an aplikasyon Pou Ayiti ka jwen yon bèl rekontriksyon Ainsi soit il.
J. Pierre Herold
MEZANMI, se la map rete pou jodi a. Na pale denmen si Granmèt la vle.